Le Cotiella est un vaste massif calcaire, désertique et pourtant possédant deux beaux lacs dont la rareté compense la modeste taille. Le point culminant atteint une grande altitude, 2910m, très loin de la chaîne principale. C'est un belvédère remarquable sur une grande partie du versant sud des Pyrénées. Pas de refuge gardé, de longues pistes cahotantes, un climat aride et des températures sahariennes en été, on y croise peu de monde. Pierre Carrière a rédigé une intéressante description de ce massif. Au SE, bien isolé, le Turbón est un petit massif remarquable par la curieuse vallée fermée de San Adrián.
Accès au Turbón par le nord, en suivant le remarquable circuit décrit par
L.Audoubert. Le départ est un peu hésitant (aller chercher le large chemin
qui conduit au col de la Montañeta de San Feliu tout au bout de Selvaplana),
mais la suite est claire et bien cairnée. L'itinéraire ménage le suspens en
s'élevant sous la crête E et ne dévoile la vallée de San Adrián que
tardivement. Le parcours des crêtes permet de voir cette curieuse vallée
sous ses différents aspects. Après le sommet (belle vue sur Cotiella,
Posets, Aneto), la crête nord est un peu plus technique (escalade I, sauf
une jolie pointe calcaire en II aérien, évitable en flanc ouest) et il faut
avoir bien repéré le raide couloir qui redescend dans la vallée de San
Adrián et vers le col de la Montañeta.
| Longueur : | ** (1150m) |
| Difficulté : | ** (escalade I, couloir raide) |
| Intérêt : | *** |
| Topos : | Audoubert, Les plus beaux sommets des Pyrénées |
| RandoÉditions Aragon, page 195 (direct par San Adrián) | |
| 1000 ascensions, tome IV, topos 670-672 | |
| Conditions : | 2002/05/18, grand soleil, traces de neige |
Accès au refuge d'Armeña (1860m) : à l'entrée de Barbaruens, suivre à gauche
la piste caillouteuse sur 2,6 km jusqu'à un embranchement avec panneau de
randonnées (1400m env.). Deux possibilités, intéressantes toutes les deux,
justifient de se garer là : la première suit la piste en face jusqu'à la
première épingle où l'on trouve un sentier bien marqué qui s'élève rudement,
se repose en bordure des falaises, franchit un col (1907m) où l'on découvre
la moitié nord du cirque d'Armeña et l'extravagant ibón d'Armeña, lac niché
sur un balcon en pays calcaire, et descend au petit refuge que j'ai partagé
avec une souris bien bruyante ; la deuxième possibilité suit la piste à
droite en légère descente puis emprunte le GR15 (cairné et balisé) qui
remonte, rudement par endroit, dans l'entaille du barranco de Bilsé jusqu'à
la source de Riances à deux pas du refuge (à préférer pour la descente).
La punta Alta de Llosat domine le refuge et son cheminement direct est clair. Une corniche bien visible de gauche à droite permet de franchir la barre inférieure (gouffre à mi-hauteur), puis quasiment tout droit (sans passer au col Llosat) jusqu'au sommet, en circulant au mieux parmi les éboulis et les bourrelets calcaires particulièrement abrasifs. Ça monte vite : 1h20 pour avaler près de neuf cents mètres ! Le panorama sur les Pyrénées est très vaste, similaire à celui du Cotiella, et au sud le cirque d'Armeña se dévoile dans toute son immensité. À-pics impressionnants au nord.
Suivre la crête au sud. Elle est globalement facile, sauf un court mur en
IIIinf peu avant le pico de las Coronas. En chemin, découvrir l'ibón de
Plan, pendant occidental de l'ibón d'Armeña, la peña de la Una et ses parois
verticales, et toute la désolation de ce massif désertique. Au-delà du pico
de las Coronas (2815m), la crête devient plus difficile et je préfère
m'abstenir. La descente demande un bon sens de l'itinéraire pour cheminer au
mieux à l'est dans la pente forte de manière à se rapprocher de l'arête qui
relie las Coronas et la Piedra Blanca (piton calcaire blanc qui tranche avec
le rougeâtre de las Coronas). À la première brèche praticable, je bascule au
sud dans le vallon issu de la brèche Espouy-Coronas. La neige est encore
bien présente aux pieds des parois et la descente agréable pratiquement
jusqu'au refuge.
| Longueur : | ** (500m+1100m) |
| Difficulté : | ** (pierriers, sens de l'itinéraire, courte escalade IIIinf) |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | GoogleMaps |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topos 619, 620a |
| Conditions : | 2004/06/03 (refuge), beau |
| 2004/06/04 (Coronas), beau, venté, neige -/2050m |
Beau cheminement pour atteindre un sommet au magnifique panorama. La visite
de l'étonnant cirque d'Armeña justifie à elle-seule cet accès. Depuis le
refuge d'Armeña (accès ci-dessus), une bonne ligne de
cairns avec sentier assez bien marqué conduit au collado de Cotiella, à
gauche du sommet.
À la montée, il est intéressant (mais pas plus rapide) de passer plus à
gauche (est) en divaguant au gré de l'inspiration dans les pelouses
couvertes d'edelweiss. On croise de nombreux gouffres et on rejoint les
cairns avant le pierrier final. Vers 2400m, dans un lapiaz marron, j'ai
observé plusieurs puits à neige. Au fur et à mesure de la montée, l'herbe se
raréfie, le terrain devient désertique et la montée finale au collado de
Cotiella (2650m) se fait dans des éboulis pénibles. Montée directe au sommet
par la crête sud, escalade facile en mauvais terrain (désagréable à la
descente, chute de pierres).
| Longueur : | *** (1600m) |
| Difficulté : | ** (éboulis, terrain médiocre, chaleur) |
| Intérêt : | *** |
| Schéma : | voir crête d'Armeña |
| Topos : | RandoÉditions Aragon, page 160 |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 623 | |
| Conditions : | 2007/08/04, beau, léger vent bienvenu |
Cheminement toujours confus pour atteindre ce grand sommet isolé. Il est aisé de perdre le sentier dans la première partie sous les sapins (nombreuses autres traces, avec même quelques cairns trompeurs) et de monter plein E au lieu de NE. La deuxième partie consiste en la traversée de l'immense plateau semi-désertique au pied du Cotiella (ereta de las Brujas). Ce plateau est coupé de ravines et petites barres et il est difficile d'éviter de nombreuses remontées. Tant à l'aller qu'au retour, une bonne visibilité (et un bon repérage) est indispensable. Au sommet, large vue dégagée sur la face sud des Pyrénées, dans une ambiance désertique, même en présence de neige.
| Longueur : | ** (1400m) |
| Difficulté : | * (par bonne visibilité et sans se perdre) |
| Intérêt : | ** |
| Schéma : | voir crête d'Armeña |
| Topos : | RandoÉditions Aragon, pages 139 (début) |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 622 | |
| Conditions : | 2001/05/27, grand soleil, froid, neige 2300m |
Superbe itinéraire qui s'immisce dans le versant nord du massif. En septembre, toute la variété des roches du massif est sous nos pieds : du calcaire marron, brun, noir, gris, blanc, compact ou brisé, uni ou veiné. Des edelweiss dans la moindre pelouse mais celles-ci sont bien rares dans ce désert. Du refuge de Lavasar (1928m), accessible par 14 km d'une piste améliorée en 2012, rejoindre l'étonnant ibón de Plan ou Basa de la Mora (1913m), malheureusement bien bas en septembre. Se diriger au sud vers le vallon suspendu de la Ribereta. Un couloir évident à droite permet de surmonter les falaises (emprunter la corniche facile juste au-dessus des énormes blocs du couloir, cairns). Dès l'entrée du vallon, le ton est donné : pierrier inévitable. Vers 2250-2300m, une section horizontale plus herbeuse permet de souffler, puis la caillasse reprend bien avant le pied de l'intrigante diagonale montant au pico d'Espouy. Une pente plus raide débouche au-dessus du collado de la Ribereta (2557m) où l'on découvre un étonnant site de dolines. Une traversée bien tracée mène en face où un couloir assez raide permet d'atteindre le collado de la Pala del Puerto (2607m) derrière lequel se révèle l'immense Ereta de las Brujas qu'il va falloir traverser. Ignorer des cairns qui partent vers le pico d'Espouy (où vont-ils ?) mais descendre au sud dans le cirque (cairns et bonne trace). Suivre consciencieusement les cairns qui serpentent dans le terrain chaotique, repérer le cheminement pour le retour (en particulier au pied de la brèche de las Brujas, vers 2425m, où l'on rejoint les cairns de l'itinéraire venu du collado de Santa Isabel). Sans plus d'histoire mais bien longuement, le sommet finit par être atteint. Quelle vue et quel isolement ! Même quand des nuages accrochent et débordent la crête frontière, le panorama reste énorme.
Revenir au collado de la Pala del Puerto et retraverser jusqu'au collado de la Ribereta. Pour descendre le vallon de Lavasar au pied de la peña de la Una, ne pas s'engager dans le fond (sauf enneigé bien sûr) mais rester en hauteur sur la lèvre gauche où le terrain karstique permet une progression rapide et confortable jusqu'au collet devant les aiguilles de Lavasar. Rejoindre alors la trace cairnée. La partie d'éboulis est assez bien tracée et finalement pas si longue avant de trouver des secteurs de plus en plus herbeux. Petit à petit, la vie reprend ses droits, pelouses, buissons, arbres, quelle douceur. Les cairns conduisent à une vieille piste abandonnée qui ramène sur la piste du refuge de Lavasar, 400 mètres et 4 courts lacets avant lui.
| Longueur : | *** (1400m, long) |
| Difficulté : | ** (pierriers ++, bonne visibilité indispensable) |
| Intérêt : | **** |
| Schéma : | voir crête d'Armeña |
| Trajet : | GoogleMaps |
| Conditions : | 2012/09/03, beau, vent fort et froid, quelques nuages l'après-midi, photos |
Courte ascension intéressante pour occuper l'après-midi à l'arrivée au refuge de Lavasar. Sans avoir l'immensité du panorama du Cotiella, celui de la peña de las Once est ouvert et permet en plus d'étudier le versant nord du massif. Juste avant l'ibón de Plan (1913m), suivre le sentier balisé (panneau, cairns, sentier facile à perdre et à retrouver) jusqu'à la colladeta del Ibón (2351m). Monter au nord à droite des rochers, plus confortablement que je ne pensais (trace et cairns), pour atteindre la longue crête dont la peña de las Once est le point culminant. Aller d'abord tout à l'est, au delà de la peña de las Diez (2553m) pour découvrir le cirque d'Armeña. Revenir en traversant la peña de las Once (2658m) et poursuivre la large crête au nord-ouest jusqu'au tout dernier pointement, portant un signal géodésique (peña del Mediodia, 2427m, à moins que le sommet de ce nom ne soit le précédent). Descendre raide sous le signal vers un replat herbeux, une trace dans la caillasse facilite la vie. Continuer ensuite à vue vers l'ibón de Plan ou en passant par la cabana de Baqué (1940m, inhabitable).
| Longueur : | * (800m) |
| Difficulté : | ** (pierriers) |
| Intérêt : | ** |
| Schéma : | voir crête d'Armeña |
| Trajet : | GoogleMaps |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topo 617 |
| Conditions : | 2012/09/02, beau parfois voilé, vent assez fort, quelques nuages l'après-midi, photos |
Jolie montagne calcaire, remarquable depuis la route Bielsa -
Aínsa. L'ascension par le sud est facile mais le panorama sur les Pyrénées
ne se découvre qu'à la dernière minute. Sur la route du monastère de San
Victorian, un panneau (1080m) indique le départ du bon sentier qui s'élève
dans les buis jusqu'au plateau incliné de los Plans (1800m
environ). Plusieurs lignes de cairns prennent ensuite le relais. Se déporter
plutôt à gauche pour venir surplomber les falaises sud. Au franchissement de
l'éperon SO de la Tuca, deux cheminements sont possibles (gros cairn) : le
cheminement inférieur descend un peu pour rejoindre le versant le plus
facile de la peña Montañesa ; le cheminement supérieur, plus spectaculaire
mais un peu plus rude, s'élève pour passer au pied des falaises de la crête
et rejoindre la brèche du couloir nord, où l'on a un premier aperçu du
Cotiella, et longe la crête jusqu'au sommet. Large panorama sur les
Pyrénées, un peu lointain néanmoins. Au retour, il est intéressant de faire
un détour par la Tuca en l'abordant par le sud (pente assez forte de
pierriers, plutôt pénible à descendre). Le panorama est similaire à celui de
la peña, avec une meilleure vue sur les falaises de celle-ci et sur la
sierra Ferrera.
| Longueur : | ** (1200m+200m) |
| Difficulté : | * |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | RandoÉditions Aragon, page 143 |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 627 | |
| Conditions : | 2003/11/07, beau |
Pittoresque itinéraire empruntant une étroite vire aux deux-tiers de la
grande falaise sud de la peña Montañesa. Pierre Carrière en décrit très
précisément l'accès et
le parcours, difficile de faire plus clair. Ce parcours n'est cependant
pas une promenade de santé : l'accès à la partie horizontale de la vire est
laborieux et bien que la suite soit plus aisée, les occasionnels bosquets de
buis sont pénibles à traverser. Lors de ma visite, la neige fit en outre son
apparition à proximité du canal Mayor : impossible d'envisager la poursuite
au-delà du canal, et plutôt qu'une remontée épuisante dans le talweg, le
salut a été trouvé dans des couloirs secondaires, déneigés mais bien plus
difficiles. Parvenu au sentier inférieur qui rejoint la facile crête SO, la
neige devient enfin portante et le sommet facilement atteint. Vautours et
nombreux isards peu farouches, dont trois qui sortaient de la vire, évoquant
son autre nom (vire des Chèvres).
Note : P. Carrière avait utilisé le nom « vire des Chèvres », d'après un ancien topo-guide (cf sa page). « Faixa Toro » semble le nom actuel.
| Longueur : | ** (1300m) |
| Difficulté : | ** (pied sûr indispensable) |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | KD de Toulouse |
| Faixa Toro intégrale | |
| Conditions : | 2008/04/25, léger voile, neige 1700m/1800m |