Massif Gavarnie - Ordesa

Secteur emblématique des Pyrénées, trop fréquenté, qu'il faut visiter hors saison pour en admirer paisiblement la magnifique beauté. Tant Ordesa que Gavarnie méritent des visites à répétition et la chaîne des 3000 offre de quoi occuper de nombreuses visites. Grimper au refuge de Tuquerouye depuis Pineta, le lendemain ascensionner le mont Perdu, le tout sans voir personne pendant deux jours de beau temps, est un petit miracle mais que j'aurai certainement du mal à répéter.

 

Cirque de Gavarnie en circuit par le bois d'Arribama et le plateau Bellevue

Pics de la Cascade Brèche de Roland Circuit de découverte du cirque, scindable en deux parties, faisable dans n'importe quel sens (peut-être plus équilibré et plus aisé à suivre en sens inverse) et évitant (un peu) la foule. Du village de Gavarnie (1365m), suivre la piste du cirque puis le sentier du refuge des Espuguettes. À la sortie des bois (1742m), embranchement à droite, mais auparavant continuer au-delà de la cabane de Pailla, là où le sentier fait un grand lacet vers l'ouest : meilleur recul sur les Astazou et apparition de la Brèche et du Vignemale. Revenir à l'embranchement et suivre le sentier du bois d'Arribama qui offre de jolis aperçus sur le cirque et aboutit derrière l'hôtel du Cirque (1570m). Descendre par la piste et, après le deuxième virage à droite, prendre à gauche dans les bois un des sentiers peu marqués jusqu'à une passerelle (1443m) sur le gave. Traverser et laisser la Prade à droite pour suivre un sentier discret qui rejoint un bon sentier montant dans la vallée des Pouey Aspé. Après une passerelle, on arrive au si bien nommé plateau de Bellevue (1710m) (la partie hôtel du Cirque - Bellevue est plus claire en sens inverse). Descendre par les Entortes pour aboutir à l'église de Gavarnie.

Longueur :* (400m+250m ou 350m+300m selon le sens)
Difficulté :*
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Conditions :2006/06/01, beau

Piméné (2801m) par la face nord

Piméné Jolie face visible de loin, facilement identifiable avec sa rampe supérieure qui débouche à quelques mètres du sommet. Cette rampe qui paraît si courte et pas bien raide vue du bas n'est pas si anodine : après 250m dans la face modérément raide (40° au départ, progressivement plus), la rampe réserve encore plus de 150m de dénivelé, majoritairement à 50°, avec une superbe ambiance pour finir sous un petit auvent. Avec d'excellentes conditions de neige (croûte épaisse où la chaussure s'enfonce sans trop forcer, formant de jolies marches), j'ai trouvé cette face plus impressionnante que la face nord de la Munia. À la sortie, le paysage se dévoile soudainement. Célèbre belvédère, le Piméné offre effectivement un panorama magnifique.

Pour profiter du paysage, retour par le Petit Piméné, les Espuguettes, le plateau d'Alans (joli vue sur le cirque) et le sentier d'ets Cazaus aux petits lacets qui débouche à l'entrée de Gavarnie.

Longueur :*** (1500m)
Difficulté :**** (alpinisme ADinf, longue pente à 50°)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Mousel, Pyrénées, courses mixtes, neige et glace
Camptocamp.org
Conditions :2013/06/05, beau avec développement de cumulus, neige 1900m/2000m (crampons), photos

Escuzana (2847m) et pics des Gabiétous (3034m, 3031m) en circuit depuis le col des Tentes (2208m)

Boucharo schéma Gabiétous Itinéraire original, peu fréquenté, sans difficulté mais un peu complexe (bonne visibilité nécessaire). Au port de Boucharo, abandonner l'autoroute de la Brèche pour perdre quelques mètres à l'ouest. Franchir l'escarpement à gauche (cairns) puis traverser horizontalement sur des sentes peu marquées avant de monter sans ambiguïté à la forqueta des Gabiétous (2520m). Repérer légèrement plus bas en face une trace bien marquée qui conduit vers une vire improbable. Progresser horizontalement sous la crête dentelée pour rejoindre le cirque et la trace. La vire d'Escuzana se révèle être une large corniche sans la moindre difficulté, face à Otal et Tendeñera. Au bout d'une demi-heure d'un joli parcours avec cascades et surplombs, la paroi gauche s'abaisse et le sentier cairné quitte la vire pour atteindre le col de la Escuzana, précédant le pic d'Escuzana (2847m, parfois dénommé Mondarruego). Vaste vue sur le revers du Cirque de Gavarnie et vers Ordesa. Revenir au col, descendre dans les éboulis vers les Llanos de Salarons (une banquette herbeuse permet de passer une centaine de mètres au-dessus) puis remonter dans un remarquable paysage karstique en direction du col des Gabiétous. Pas de traces, pas de cairns, cheminement chaotique amusant et évident par bonne visibilité. Avant d'atteindre le col, monter directement dans la face SE vers le Gabiétous Occidental (terrain croulant, chutes de pierres, les groupes préféreront passer par le col). Taillon et Gabiétous Crête facile jusqu'au Gabiétous Oriental, belle vue sur la face ouest du Taillon au-dessus du glacier des Gabiétous. Descendre au col des Gabiétous, traverser à vue vers le collado Blanco (2836m), puis toujours à peu près horizontalement vers la Fausse Brèche où l'on trouve le sentier du Taillon un peu avant la Brèche. Après six heures sans voir une seule personne (mais plusieurs isards et marmottes), retour à la civilisation, qui tente péniblement de traverser le ruisseau du glacier du Taillon en baskets.

Longueur :** (1300m)
Difficulté :** (orientation, pierriers et éboulis, chutes de pierres, bonne visibilité nécessaire)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topos 376, 375, 373
Respyr n°17, découvert une semaine après
Conditions :2003/07/07, beau se chargeant très tôt par le sud (dès 10h), névés discontinus 2800m/2600m

Pics des Gabiétous (3034m, 3031m) et pico Blanco (2919m) en circuit depuis le col des Tentes

Montée aux Gabiétous par l'arête SO puis visite au pico Blanco et retour par la brèche de Roland. Au port de Boucharo, perdre quelques mètres à l'ouest, franchir l'escarpement à gauche (cairns) puis traverser horizontalement sur des sentes peu marquées et monter à la forqueta des Gabiétous (2520m). Suivre la trace cairnée pour descendre dans le vallon au sud et remonter à l'est dans des éboulis de toutes tailles et de toutes couleurs vers la brèche SO des Gabiétous (2860m), pénible sur la fin. La crête SO des Gabiétous est une belle escalade II/II+. Sauf le premier ressaut qui se passe à droite, tous les ressauts sont similaires : attaque légèrement à gauche du fil, retour sur le fil, sommet du pointement, petite désescalade pour la brèche suivante. Quelques cairns stratégiques. Même quand la crête se couche, elle reste chaotique jusqu'au Gabiétous occidental, puis facile jusqu'au Gabiétous oriental.

Descargador depuis pico Blanco Direction le collado Blanco (2836m) en errant dans les lapiaz et pierriers du versant sud du Taillon. Du collado Blanco, une sente traverse horizontalement au sud avant de grimper dans la pierraille croulante au pico Blanco (2919m). Panorama très intéressant sur le versant sud du massif. Un profond gouffre se trouve en contrebas du sommet. Retour au col et direction la brèche de Roland en suivant la limite entre calcaire marron et gris. On passe ainsi près d'un laquet offrant un magnifique premier plan (couverture d'Audoubert) avant de rejoindre la brèche et son long retour.

Longueur :** (1100m)
Difficulté :*** (escalade II/II+, pierriers)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 375 (Gabiétous en évitant la crête SO)
Conditions :2014/10/30, beau parfois voilé, quelques nuages au sud, photos

Pics des Gabiétous (3034m, 3031m) et pico Salarons (2746m) en circuit depuis le col des Tentes

Circuit pour visiter le versant sud du Taillon et finir agréablement la saison de ski en juin. Montée directe par le glacier et le col des Gabiétous, verrou enneigé et rampe en neige dure et plus impressionnante que dans mon souvenir. Un saut au Gabiétous oriental (3031m), flemme pour aller jusqu'à l'occidental (3034m) et descente au sud au vaste plat des Llanos de Salarons (2425m). Douce montée au collado de Catuarta (2516m) et aller-retour (un court passage rocheux) au pico Salarons ou pico Gallinero (2746m). Belle vue sur le versant sud Gabiétous - Taillon - Brèche - Casque et à l'est vers les Trois Sœurs. Retour au collado de Catuarta, monter juste au dessus pour descendre au plano de Millaris (2410m) d'où le vallon dominé par les murailles du Casque mène au nord à la Brèche de Roland (2807m). Il ne reste plus qu'à rentrer.

Longueur :*** (1550m)
Difficulté :*** (par bonnes conditions ; verrou du glacier, rampe neigeuse raide et exposée ; bonne visibilité)
Intérêt :** (+1 à skis)
Trajet :cartographie
Conditions :2016/06/09, voilé le matin, neige 2300m (skis, crampons)

Taillon (3144m) par le refuge des Sarradets

Taillon face N Brèche de Roland Voie normale du Taillon depuis le col des Tentes. Le Taillon est plus intéressant pour son panorama lointain (Vignemale, Mont Perdu, Néouvielle) que pour sa vue sur Gavarnie. Pour celle-ci, préférer la Tour.

Effectué en ski le 26 juin 2008, soit en été ! Chaussage peu après le port de Boucharo et sommet skis aux pieds. Il fallait en profiter, ce n'est pas tous les ans que l'on peut skier en été dans les Pyrénées.

Longueur :** (1000m)
Difficulté :** (névés tardifs)
Intérêt :**
Topos :Véron, Randonnées dans les Hautes-Pyrénées, page 89
Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 369
Maes, 50 sommets sans corde dans les Pyrénées, 2ième série, page 75
Ratio, Ski randonnées II, page 98
Cabot, Ski de randonnée dans les Hautes-Pyrénées
Conditions :2008/06/26, beau, neige 2300m (skis)

Taillon (3144m) en circuit par le glacier des Gabiétous

Taillon depuis Gabiétous Oriental Vignemale grognon Itinéraire direct pour le Taillon, par le glacier et le col des Gabiétous. Effectué avec un vent violent et une température bien basse pour la saison, offrant une neige dure et agréable en crampon mais n'incitant pas au musardage. Le verrou glaciaire n'était plus totalement enneigé mais encore assez pour aborder les rochers assez haut et réduire la partie escalade (II) donnant accès au glacier. La suite était entièrement en neige et j'ai utilisé le couloir de gauche pour rejoindre la rampe qui conduit au col des Gabiétous (traversée ascendante exposée au-dessus des barres du cirque glaciaire). Le site du glacier, coincé entre Gabiétous et Taillon, est saisissant. Au col (2935m), le vent me dissuade de monter aux pics des Gabiétous et je file vers le Taillon. Ciel dégagé au sommet mais je ne traîne pas et descends vers la Brèche (en passant par le vallon au sud, ouf moins de vent). Belles stalactites pendant de la pointe Bazillac. La soufflerie de la Brèche fonctionne à plein régime et il faut presque ramper pour la franchir.

Longueur :** (1000m)
Difficulté :*** (par bonnes conditions ; escalade II ou goulet neigeux raide, glacier, rampe neigeuse raide et exposée)
Intérêt :**
Schéma :voir Escuzana-Gabiétous
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 373a
Conditions :2006/06/02, nuages accrochant les sommets, vent violent, neige 2350m (crampons)

Tour du Marboré (3009m), Casque du Marboré (3006m) et Taillon (3144m) depuis le col des Tentes (2208m)

Casque Gavarnie, Sarradets Le cheminement idéal pour un montagnard équipé souhaitant découvrir Gavarnie. À faire assez tôt (fin juin) pour profiter de la neige (le pas des Isards est aussi facile avec des crampons sur la neige que totalement déneigé). Sites splendides, vues grandioses (depuis le Mont Perdu au Vignemale en passant par le Néouvielle). Cheminement suivi : brèche, pas des Isards, terrasse sud de la Tour, escalade facile directe, Tour, couloir O de la Tour, crête E du Casque, Casque, voie normale par la croupe S, brèche et aller-retour au Taillon par la voie normale.

Longueur :** (1550m)
Difficulté :** (névés, petit pas de II pour la Tour)
Intérêt :**
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topos 369, 379, 381, 375a combinés
Maes, 50 sommets sans corde dans les Pyrénées, 2ième série, pages 67, 71 et 75 combinées
Conditions :1999/06/29, un peu nuageux puis se chargeant, névés 2800m (crampons)

Grottes glacées des Isards (2800m env.)

Grotte glacée Visite de six grottes glacées dans la falaise des Isards, à proximité de la seule indiquée sur la carte IGN. Certaines sont superbes. Prévoir du temps d'exploration, de la prudence et l'équipement en conséquence : au moins piolet, crampons techniques (pas de crampons légers !), casque, frontale. Et pour le plaisir du panorama, une visite à la Tour.

Difficulté :** à *** (selon les conditions et les grottes)
Intérêt :***
Topos :P. Bernand & M. van Thienen, Les grottes glacées du Marboré
Conditions :2008/08/28, développements nuageux dès 10h

Pic du Marboré (3248m), pics de la Cascade (3161m, 3106m, 3095m) et Épaule du Marboré (3073m) depuis le col des Tentes (2208m)

Cylindre et Mont Perdu Parcours classique, long, peu problématique une fois déneigé (ce qui n'était pas le cas mi-juin) pour accéder au Marboré par la brèche de Roland et le col de la Cascade. Au retour, il n'est guère plus long de suivre le bord du cirque en passant par les trois pics de la Cascade jusqu'à l'épaule du Marboré (en évitant les brèches entre les pics par des détours vers l'est). Cela offre des vues variées sur le cirque de Gavarnie. Après l'Épaule, à moins de savoir voler, il faut revenir en arrière vers l'est pour pouvoir en descendre au point le plus bas.

Longueur :*** (1300m)
Difficulté :** (orientation, névés, petits pas de II)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 382
Maes, 50 sommets sans corde dans les Pyrénées, 2ième série, page 81
Conditions :2001/06/19, grand beau, neige 2300m (crampons)

Mont Perdu (3355m) et Cylindre du Marboré (3325m) depuis le col des Tentes (2208m)

Mont Perdu depuis Cylindre Très longue randonnée, tant en temps qu'en dénivelé, à faire de juin à mi-juillet pour profiter des névés. Le détour (au retour) par le Cylindre rajoute 300m de dénivelé (1h15 environ) mais je trouve que cela le vaut car la vue sur les crêtes de Gavarnie est plus intéressante que depuis le Mont Perdu, sans compter la vue sur les glaciers suspendus du Mont Perdu. Une randonnée magnifique, où l'on voit tout le cirque : la Brèche de Roland, les canyons d'Ordesa et d'Añisclo, vue plongeante depuis le col de la Cascade, vue des crêtes depuis le Mont Perdu et le Cylindre, notamment sur les Astazou, le Mont Perdu lui-même avec son étang glacé et le col du Cylindre. À cela s'ajoutent les belles vues sur le Vignemale, la Munia et au loin Campbieil et Pic Long.

Cheminée du Cylindre Le cheminement généralement décrit consiste à passer par le col des Isards pour rejoindre par les terrasses inférieures le cheminement venant de Góriz. Il semble plus intéressant de passer par les terrasses supérieures : après le pas des Isards, continuer à monter vers le cirque Casque - Tour ; contourner la Tour par une corniche évidente (impraticable si enneigée, emprunter alors le couloir O) ; peu après la sortie, escalader une petite cheminée bien marquée (cairns) pour parvenir sur le plateau constituant le faîte du cirque et passer à proximité du col de la Cascade (aller voir le coup d'œil) ; repérer une large corniche en éboulis gris et faiblement ascendante qui contourne le Cylindre vers 3000m ; s'y diriger au jugé (descendre un peu au début) et contourner le Cylindre pour arriver directement au lac Glacé où l'on trouve la voie normale du mont Perdu.

Attention : certains guides indiquent un dénivelé de 1200m pour le mont Perdu depuis le port de Boucharo, mais ils semblent ignorer les nombreuses ondulations (entre la brèche et le pas des Isards, la remontée au pied du col de la Cascade, le contournement du Cylindre par la corniche 3000m). Mon calcul est plus proche de 1700m pour l'aller-retour depuis le col des Tentes, confirmé par M. Angulo. Dans tous les cas, il ne faut surtout pas négliger la distance entre la Brèche et le pied du mont Perdu (étang Glacé).

Par ailleurs, une bonne visibilité est indispensable, à moins de bien connaître le site : tout se ressemble, il y a plusieurs gradins à franchir « aux bons endroits » (faute de se retrouver trop haut ou trop bas pour le suivant), pas de sentier et peu de cairns utiles.

Gavarnie, la brèche Couloir NO du Mont Perdu Cylindre depuis Perdido

Longueur :*** (1700m+300m)
Difficulté :** (névés, petits pas de II)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Boyer & Pardina, Randonnées dans les Pyrénées Aragonaises, pages 87-89
Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topos 395 (et 385-386 pour le Cylindre)
Conditions :1999/07/07, grand soleil, névés 2800m (crampons)

Pic du Marboré (3248m) et Cylindre du Marboré (3325m) en circuit depuis Gavarnie (1365m)

Cirque de Gavarnie depuis les Rochers Blancs Superbe itinéraire pour découvrir le cirque de Gavarnie sous tous ses aspects. Montée par les Rochers Blancs et le col d'Astazou, arête nord du Marboré, Cylindre par le versant ouest, et retour par le col de la Cascade, la brèche de Roland et l'échelle des Sarradets. Long, engagé, difficultés modérées mais il faut rester concentré jusqu'au bout. Mais quelles récompenses, quelle variété entre la montée côté est du cirque, les vues sommitales du Marboré et du Cylindre, le revers du cirque et enfin la descente côté ouest.

Montée à la cabane de Pailla (1800m), dans le brouillard, ce qui n'aide pas à trouver le départ du sentier du col d'Astazou, déniché à la boussole. Au sud du plateau, au-dessus du bois, on trouve des sentes multiples et surtout des cairns et des tâches de peintures qui aident à localiser la bonne. Bientôt le sentier devient bien marqué et je sors du brouillard face au cirque. Magnifique. Quelle ampleur, bien plus que vu d'en bas. Le passage des Rochers Blancs ne présente aucune difficulté en suivant consciencieusement les marques. Un escarpement facile, puis deux autres similaires à gauche des cascades, encore un à droite du ruisseau, on parvient à une grande pente d'éboulis sous le Marboré, où les traces disparaissent. Plus une trace de verdure, site lunaire cerné d'imposantes parois. Continuer à remonter jusqu'à la moraine du glacier ouest du Marboré, au pied du dernier et plus important escarpement. Dans ce sens, l'itinéraire est évident : on a de droite à gauche, le glacier du Marboré, un étroit couloir montant directement au col sud d'Astazou (insuffisamment enneigé pour être envisageable), et un large couloir vers le Petit Astazou. S'engager dans ce dernier couloir, il s'évase, rester au plus facile dans la branche de droite jusqu'à buter contre la paroi. Le quitter vers la droite, toujours au plus simple (un ou deux cairns) pour trouver une large corniche horizontale qui file au sud, bientôt spectaculairement aérienne. Peu avant sa disparition, un gros cairn indique qu'il faut la quitter pour escalader de mauvais rochers (II), en longeant par la gauche (ou dedans au début) une faille qui n'aboutit pas. Parvenir ainsi aux dernières pentes d'éboulis sous le col. Pour rejoindre la brèche sud du col d'Astazou (2986m), je n'ai pas trouvé d'autre solution que de rejoindre le haut du bastion sud et d'en descendre (désescalade II+ exposée). Étonnant contraste entre l'altiplano du balcon de Pineta et la verticalité des sommets du cirque.

Rocher du Marboré Je connais déjà l'arête nord du Marboré, pas de surprise. Premier ressaut : passer versant ouest de la crête sur des banquettes d'éboulis et s'élever vers le fil (quelques II, mauvais terrain) pour finir par le versant est. Deuxième ressaut : l'attaquer directement (II) puis prendre versant ouest une corniche confortable, et revenir vers le fil dès que possible (II, rocher correct). Troisième ressaut : l'éviter une dizaine de mètres à gauche pour monter de corniches en corniches (quelques pas de II) et déboucher au sommet. Je passe sur le panorama, je manque d'épithètes.

Cylindre versant O Cylindre versant ouest : du Marboré, on voit parfaitement le versant ouest du Cylindre et sa pente intermédiaire, en éboulis mais tardivement enneigée. Cet accès n'est guère plus dur que la voie normale, il est préférable enneigé mais alors assez exposé (pentes raides déversant sur des barres ou des rochers). Suivre la crête vers le Cylindre puis rejoindre le pied de l'extrémité droite de cette pente, avant le couloir qui monte au collet de la voie usuelle. L'accès à la pente intermédiaire était en neige, 45° sur les derniers mètres puis quelques mètres d'escalade II avant de rejoindre la pente elle-même. La pente bien enneigée se redresse sur la fin à 35° pour buter contre un petit ressaut rocheux (II- à II+ selon l'enneigement). Au-dessus du ressaut, une nouvelle pente raide de caillasses ou neige, dominée à gauche par de belles cannelures grises, conduit aux éboulis sommitaux. Onze ans depuis ma précédente visite, mais je n'avais pas oublié la vue sur le mont Perdu et son glacier crevassé.

Descente par le même itinéraire, puis direction la Brèche par le col de la Cascade, la corniche sud de la Tour (juste assez déneigée) et le pas des Isards (déneigé). Descente en ramasse au refuge des Sarradets puis sentier de l'échelle des Sarradets. Spectaculaire, bien marqué, balisé aux endroits importants, le sentier n'est pas difficile mais il faut occasionnellement utiliser les mains et rester bien concentré pour ne pas plonger droit dans le cirque. Sa raideur est compensée par les vues de toute beauté sur le cirque et la Grande Cascade.

Longueur :*** (2300m)
Difficulté :*** (PD, escalade II/II+, neige 40-45°)
Intérêt :****
Trajet :cartographie
Topos :Guide Ollivier Pyrénées Centrales II
Conditions :2011/07/01, beau, mer de nuages sous 1900m, névés 2800m/2600m (crampons), photos

Mont Perdu (3355m) en circuit par l'épaule d'Esparrets et le col d'Añisclo depuis le refuge de Tuquerouye

schéma Perdido Mont Perdu depuis Tuquerouye Mont Perdu depuis Tuquerouye Long périple dans les exceptionnels versants N et E du mont Perdu. Premier jour : montée au refuge de Tuquerouye (2666m) depuis Pineta (1275m). Départ en fin d'après-midi, la montée se fait alors à l'ombre. Bon sentier mais qu'est-ce que ça grimpe ! En l'absence de point de repère, on n'a pas l'impression d'avancer. À l'arrivée au balcon de Pineta (2520m), on passe instantanément d'un monde vertical à un monde horizontal. Nombreux isards. Inutile de vanter la vue du refuge de Tuquerouye, confortable quand il n'y a personne d'autre.

Le lendemain, direction Perdido. Le lac Glacé est encore assez gelé pour être traversé, bien qu'il fasse un peu patinoire par endroit. Pour franchir la barre soutenant le glacier médian, il y a trois cheminées envisageables. J'ai pris la plus à l'est, pratiquement à l'aplomb du Doigt, la neige montant encore très haut pour ne laisser que quelques pas d'escalade facile (ce n'est peut-être plus le cas en absence de neige ; ancrage de rappel). Traverser le glacier médian dans sa longueur (crevasses sauf en début de saison) et remonter la raide pente de neige qui conduit au collet à proximité de l'épaule d'Esparrets (3077m). Ce 3000 insignifiant offre une jolie vue sur le Cylindre, le vallon du lac Glacé et les pics Baudrimont. Descendre une courte pente raide et contourner un éperon pour accéder au vallon du cuello de Monte Perdido. Cuvette + neige + soleil + pas de vent = four. Bien avant le col, une pente de neige me permet de rejoindre aisément la vaste crête E du mont Perdu, tranquille jusqu'au sommet. Grand beau, vue dégagée, personne, que demander de plus ?

Mont Perdu depuis Esparrets Il serait trop simple de revenir par le col du Cylindre. Direction donc le collado de Añisclo. Reprendre la crête E et descendre au cuello de Monte Perdido (3160m) par une courte désescalade facile mais désagréable : cailloutis sur dalles inclinées. Descendre le vallon et contourner d'assez près par le nord le Baudrimont NO. Une dernière pente raide dépose à la terrasse Bellevue (2700m env). Je range les crampons, que je n'avais guère quittés depuis le départ. Cette fois-ci, je connais la sortie de la terrasse : au ras des falaises qui surplombent, on trouve une étroite vire, aérienne et encombrée d'éboulis. Après, éboulis et névés conduisent sans histoire au collado de Añisclo (2453m). Descendre par le sportif GR11 jusqu'à l'embranchement de la vire Tormosa (1920m). Pour partager en deux la descente, je prends le sentier de la vire. Encore coupée par plusieurs névés plongeant dans le vide, elle est d'abord large mais se rétrécit à l'approche du rio Cinca. Joli parcours dans les mini-cirques et belle vue sur les pics de Pineta et Forcarral. La descente sur le rio Cinca est à éviter aux personnes sensibles : le sentier plonge avec de multiples pas d'escalade faciles (et même un passage en bon II, sécurisé par une chaîne). Dernière surprise à l'arrivée au rio : pas de passerelle (elle est sagement rangée à l'abri). La traversée du rio grossi par la fonte, pieds nus et pantalon remonté en haut des cuisses, entre deux cascades grondantes et écumantes, est une conclusion insolite à ce splendide périple.

Longueur :*** (1400m+1000m)
Difficulté :*** (glacier, escalade II, pentes raides, orientation)
Intérêt :****
Trajet :cartographie
Topos :Alejos, Pyrénées, guide des 3000 m
Conditions :2006/06/06 (refuge), beau, névés 2500m
2006/06/07 (sommet), beau, neige 2500m (crampons)

Pic du Marboré (3248m) par le col d'Astazou depuis le refuge de Tuquerouye

Mont Perdu depuis Tuquerouye Itinéraire original, finalement plus facile que je ne m'y attendais, mais long et demandant du beau temps pour s'orienter. Pour résumer, il s'agit d'un tour complet du Cylindre. Une connaissance au moins sommaire du secteur est utile, en particulier pour la descente de la barre du glacier du Mont Perdu. Comme précédemment, longue montée en fin de journée depuis Pineta (1275m) pour le refuge de Tuquerouye (2666m). Heureusement que le site est fabuleux.

Mont Perdu Le lendemain, direction le col d'Astazou. Celui-ci est scindé en trois par deux bastions. L'itinéraire passe par la brèche sud mais je suis monté à la brèche centrale (2951m), pour avoir du recul sur la suite et pensant accéder facilement à la brèche sud (2986m). C'est en fait laborieux et en terrain désagréable (fins éboulis instables et rochers peu sûrs dans le versant ouest puis désescalade IIsup pour atteindre la brèche sud). De loin, l'accès au Marboré semble improbable mais il s'avérera guère difficile. De la brèche sud, s'élever au plus facile sur le versant ouest en utilisant des banquettes de cailloutis demandant un peu d'attention. La pente se redresse progressivement, se rapprocher du fil toujours au plus facile (quelques pas de II) et finir par le versant est pour atteindre une portion horizontale de l'arête. Les topos indiquent un grand détour à gauche dans une pente de neige suspendue, assez raide et exposée, mais il est aussi simple de rester sur la crête. Attaquer les premiers mètres du ressaut suivant (II) puis, dès que ça devient plus sérieux, prendre à droite une corniche confortable pour passer versant ouest où l'on retrouve un terrain similaire au premier ressaut, plus raide mais en meilleur terrain. Dès que possible, s'élever en tirant un peu à gauche (II) pour rejoindre le fil de la crête au niveau d'un second plat. Le dernier ressaut du fil s'évite une dizaine de mètres à gauche pour monter de corniches en corniches (quelques II occasionnels) jusqu'au plateau sommital du Marboré. Conclusion : itinéraire adapté au montagnard sans réelle escalade.

Cylindre Retour par le col du Cylindre. Repérer la vaste corniche d'éboulis gris qui contourne le Cylindre vers 3000 m en faible ascendance. Se diriger vers le Cylindre, descendre dans l'entonnoir Marboré-Cylindre (site étonnant) et rejoindre la corniche où l'on trouve une trace assez marquée. La suivre jusqu'à l'étang Glacé (lago Helado, 2985m). Franchir le col du Cylindre (3074m) : attaque presque complètement à gauche, corniche horizontale jusqu'au bout à droite, puis pente facile. Versant nord, une pente raide conduit en bordure du grand glacier du mont Perdu. Plusieurs itinéraires existent pour franchir la barre qui le soutient. Celui que j'ai utilisé est assez facile à trouver et doit être toujours sec. Descendre en tirant à droite et en laissant deux entonnoirs à gauche. Contourner le mamelon qui borde à droite le deuxième entonnoir et rejoindre le bord de l'imposante barre. Longer cette barre vers l'ouest pour trouver rapidement les cairns qui indiquent le passage. Celui-ci se fait dans la rive gauche d'une encoignure où coule un ruisselet, avec quelques pas de II en bon rocher (ancrages de rappel). Rejoindre ainsi le névé inférieur, pas trop raide en ce point. Il ne reste plus qu'à rejoindre le sentier du balcon de Pineta pour la longue descente.

Mon retour avait cependant été allongé. Au col du Cylindre, j'ai tenté de monter au Perdido par la crête NO. J'ai trouvé la première partie plus délicate que les topos ne l'indiquent (II aérien) et en particulier le gendarme qui précède le Doigt n'a pas été simple (me suis-je fourvoyé ?). Alors que je contournais le Doigt sur une pente de neige un peu impressionnante, j'ai été pris dans le brouillard. J'ai buté sur la suite de la crête. Après trois tentatives pour trouver un cheminement acceptable, pas de visibilité, incapable de voir où ça conduisait et gêné par des plaques de neige, j'ai abandonné. Je n'ai néanmoins pas fait ce détour pour rien. De la brèche occidentale du Doigt, part une corniche bientôt pratiquement horizontale, large et confortable sauf pour contourner un bloc tombé (court passage facile mais très aérien). Cette étonnante corniche traverse à mi-hauteur toute la paroi de la crête NO pour parvenir au col du Cylindre. Plus exactement, c'est LA corniche que l'on emprunte lors du franchissement du col. En sens inverse, il suffit donc de se placer sur la corniche sous le col pour la suivre jusqu'au bout, en évitant ainsi la première partie de la crête.

Longueur :*** (1400m+700m)
Difficulté :*** (névés, escalade II, terrain peu sûr, orientation)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Guide Ollivier Pyrénées Centrales II
Alejos, Pyrénées, guide des 3000 m
Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III
Conditions :2009/06/17 (refuge), cumulus et éclaircies, lourd et orageux
2009/06/18 (sommet), bouché le matin puis beau puis cumulus dès midi, neige 2600m (crampons)

Pics d'Astazou (3071m, 3012m) depuis le barrage des Gloriettes (1668m) par la brèche de Tuquerouye

Grand Astazou Voie classique d'accès aux Astazou, par le joli cirque d'Estaubé et la célèbre brèche de Tuquerouye (2666m), dont l'accès par un couloir plutôt raide et pénible est largement récompensé par la classique vue sur la face nord du Mont Perdu et ses deux glaciers suspendus dans le vide. La vue depuis le Petit Astazou, plus intéressante que depuis le Grand, parcourt tout le cirque de Gavarnie. Col d'Astazou En absence totale de neige (septembre), le long vallon issu du lac Glacé jusqu'au col Swan est fatigant (éboulis et gros blocs) et il est plus agréable (surtout au retour en revenant du col d'Astazou) de passer sur sa bordure sud. La course est assez longue et en particulier le vallon d'Estaubé n'en finit pas en fin de journée.

Longueur :*** (1500m)
Difficulté :** (avec Tuquerouye déneigé)
Intérêt :**
Trajet :cartographie
Topos :Véron, Randonnées dans les Hautes-Pyrénées, page 87
Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 388
Conditions :2000/09/17, beau

Pic de Pinède (2860m) et pic de Tuquerouye (2819m) depuis le barrage des Gloriettes (1668m)

Deux sommets bien différents d'accès : autant le pic de Pinède est accessible à tout randonneur, autant le pic de Tuquerouye demande une réelle expérience en escalade et en terrain délicat. On y croise d'étranges formations rocheuses : tuyaux d'orgues, cannelures, meringue rocheuse. Pour le pic de Pinède, du refuge de Tuquerouye (2660m), descendre au lac et le longer vers l'est. Avant son extrémité, emprunter entre les grandes dalles une des rampes obliques qui permettent de les surmonter. Au-dessus des dalles, monter N sans histoire pour rejoindre la crête frontière et grimper tranquillement au pic de Pinède (2860m), cairns pour la partie finale. Parfaitement dans l'axe de la vallée de Pineta, beau belvédère sur le mont Perdu (même si la vue depuis la brèche de Tuquerouye avec le lac Glacé au premier plan est encore plus spectaculaire), étonnante crête striée vers l'Astazou.

Lac Glacé, reflet du mont Perdu depuis le lac Glacé Pour le pic de Tuquerouye, retour à la brèche de Tuquerouye. Une attaque semble possible à gauche du panneau solaire. Pour ma part, départ légèrement versant français par une vire d'abord horizontale puis en s'élevant rapidement et en revenant au sud au-dessus du refuge pour longuement remonter une faille (sans doute celle à droite du panneau, qui est impraticable dans sa partie basse). Début en II+ puis II exposé pour revenir dans la faille et II continu mais plus serein dans celle-ci. La crête se couche et devient facile. On découvre les étranges tuyaux du pic puis on bute sur une petite brèche. Courte désescalade II assez verticale. Juste à gauche du seuil, une faille s'élève rapidement ; elle semble bien fournie en prise mais elle est quasiment verticale et exposée au-dessus du couloir sud (une sangle de rappel aperçue en haut). Pour ma part, petite descente du couloir nord (chutes de pierres) pour prendre une cheminée bien marquée avec deux blocs coincés. Deux pas de III mais moins exposés et avec repos intermédiaire, puis II+ pour revenir à gauche sur le fil (dalles peu prisues). Du sommet finalement bien individualisé, plongeoir sur le lac Glacé, la crête du Grand Astazou est encore plus étonnante avec ses cannelures démesurées.

Pour rentrer, descendre au NO en contrebas de la crête, plusieurs courts passages de désescalade II un peu délicats (dalles inclinées et cailloutis). Descendre ainsi de près d'une centaine de mètres vers les éboulis rougeâtres moins pentus. À droite, sur la crête nord peu définie du pic de Tuquerouye, repérer une petite épaule assez évidente. S'y diriger pour découvrir une large corniche facile qui se dirige vers le couloir de Tuquerouye. Suivre cette autoroute à isards jusqu'à un entonnoir (impraticable) qui plonge dans le couloir. Et là, surprise : d'antiques câbles métalliques sont en place pour sécuriser un passage exposé, ainsi qu'un petit aménagement formant une sorte de pont franchissant une courte interruption de la corniche. Après enquête auprès d'Arlaud, Brulle et des Cadier, il s'agit d'une partie du cheminement aménagé à la construction du refuge en 1890 pour éviter le couloir quand il était en glace ; je me demande bien où il passe plus bas. On débouche une vingtaine de mètres sous le refuge. Cet itinéraire est donc la voie la moins difficile pour le pic de Tuquerouye. En sens inverse, il débute en vue du refuge, dans une encoignure avec une faille où un gros bloc forme une grotte, et avec trois crampons dans les rochers à droite du bloc. Au retour, la vallée d'Estaubé est toujours aussi interminable, bien plus longue qu'à l'aller.

Longueur :*** (1500m)
Difficulté :** (Pinède, sans neige), ****/*** (Tuquerouye crête PD+ / corniche nord F+)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Guide Ollivier Pyrénées Centrales II
Conditions :2013/09/14, beau, quelques brumes au sud, photos

Pic Rouge de Pailla (2780m) depuis le barrage des Gloriettes (1668m)

Sommet dolomitique original, écrasé par les géants Astazou. Suivre le sentier du port Neuf de Pinède approximativement jusqu'à l'embranchement vers Tuquerouye. Hors sentier, monter S vers la paroi, passer juste à l'O des Deux Bornes et atteindre le pied du moribond glacier d'Astazou. Selon l'enneigement, suivre le vallon ou la moraine, site étonnant, jusqu'à la hourquette de Pailla (2617m). Du col, monter raide vers le premier sommet (2739m). Suivre la fine crête en mauvais rocher friable (II/II+ très aérien), courts mais impressionnants passages d'escalade et désescalade sur des œufs, puis monter facilement au second sommet (2746m). Cette portion est évitable par l'ouest en rejoignant le second sommet par une large pente d'éboulis. Du second sommet, descendre l'arête, II aérien en bon rocher puis court II+ en moins bon rocher (cette portion est moins dure que la traversée du premier sommet). Profonde brèche et montée facile par des éboulis au sommet principal (2780m). Les Astazou ont grande allure.

Descente express en revenant à la profonde brèche puis à l'E le couloir d'éboulis croulants (bâtons et vieilles chaussures). Chutes de pierres inévitables. Retour aux pelouses en vingt minutes depuis le sommet !

Longueur :** (1150m)
Difficulté :*** (escalade PD+ aérienne, pierriers)
Intérêt :**
Trajet :cartographie
Topos :Guide Ollivier Pyrénées Centrales II
Conditions :2015/08/24, nuageux puis beau puis brume montante, photos

Punta de las Olas (3003m), soum de Ramond (3254m), pics Baudrimont (3026m, 3045m) depuis Pineta

Olas et Ramond schéma Ramond Remarquable visite du secteur au sud-est du mont Perdu, assez complexe et peu fréquenté (ce samedi 2 août, alors que la foule se pressait au sommet du mont Perdu, le soum de Ramond n'aura probablement pas vu plus de deux visiteurs). Départ du refuge de Pineta (ou du parador, ce qui rajoute deux fois deux km) pour emprunter le GR11. Au refuge (1240m), prendre la piste vers le fond de la vallée sur une centaine de mètres. Quand elle frôle le lit du rio (généralement à sec), descendre dans celui-ci, le remonter un peu et le traverser en tirant légèrement à droite. On trouve, sur l'autre rive en bordure des arbres, des cairns et un panneau signalant le GR11. Suivre le sentier bien balisé qui descend la vallée jusqu'à une prairie, puis tourne à droite pour attaquer sa rude ascension (quelques passages rocheux). 1200 mètres et 2h45 à 4h plus tard, il débouche au collado de Añisclo (2453m). La voie directe vers la punta de las Olas est évidente : s'élever en arc de cercle pour passer au ras des importantes falaises de son arête NE et rejoindre la crête SE juste sous le sommet (1h45 à 2h30 depuis le col). Éboulis croulants, épuisants, c'est plutôt une voie de descente...

Au sommet (3003m), admirer l'impressionnante face sud du soum de Ramond et les jolis pics Baudrimont. Une marche à plat conduit au large col (2980m environ) entre Ramond et Baudrimont SE (remarquer à droite le plateau fracturé de calcaire blanc). En remontant l'arête ou en rejoignant directement la dernière brèche, arriver rapidement au sommet effilé du Baudrimont SE (3026m). Je découvre qu'un petit lac glaciaire s'est niché dans le vallon entre les deux Baudrimont. L'ascension du soum de Ramond (ou pico de Añisclo) s'effectue par une large pente d'éboulis (heureusement partiellement tracée) qui débouche à droite du sommet (3254m, 1h30 depuis Olas). Vue admirable sur les entailles d'Ordesa et d'Añisclo, sur la vallée de Pineta et sur la vallée de la Larri dominée par la peña Blanca. soum de Ramond Redescendre les éboulis et tourner à gauche vers le Perdido. Descendre une barre facile par une succession de gradins (cairns) pour atteindre le névé permanent du col du Mont Perdu. À droite se dresse le Baudrimont NO (3045m), accessible par une arête découpée et un peu aérienne. Belle vue sur le balcon de Pineta et son lac Glacé. Revenir par l'arête et contourner par le nord le Baudrimont NO (névés ou éboulis) sans trop s'éloigner de ses falaises. Une raide pente d'éboulis croulants conduit rapidement à la terrasse Bellevue à 2700m environ (le vallon entre les Baudrimont serait une voie plus rapide s'il ne se terminait pas par une petite barre qui m'a paru infranchissable ; ça semble passer enneigé). À l'extrémité sud de la terrasse, remarquer en face la trace qui utilise un épaulement de la punta de las Olas. Pour quitter la terrasse, il faut passer au ras des falaises qui la dominent. Ne le sachant pas, je désescalade plus à l'est une cheminée délicate (III). Être sûr de son cheminement, la terrasse est globalement surplombante. La trace rejointe et l'épaulement franchi vers 2500m, le collado de Añisclo est tout proche mais la voiture encore bien loin. Attention aux réserves d'eau : passée une source aménagée cinq minutes au-dessus de l'embranchement de la vire Tormosa et une source sous le collado de Añisclo, il n'y a que des eaux de fonte qui se réduisent au cours de l'été.

Longueur :*** (2150m)
Difficulté :** (orientation, pierriers et éboulis, névés tardifs, petite escalade, bonne visibilité nécessaire)
Intérêt :****
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topos 403, 404, 406, 400c, 400d
Conditions :2003/08/02, beau, chaud

Faja de Pelay (1980m) depuis la Pradera de Ordesa (1320m)

Le classique d'Ordesa, montée par la senda de los Cazadores, faja de Pelay jusqu'au cirque de Soaso, retour par le fond de la vallée. Et donc : c'est encore plus beau que sur les photos !

Longueur :** (700m, 17 km)
Difficulté :*
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :plein !
Conditions :2011/06/12, beau puis voilé puis gris puis beau, photos

Vallée d'Ordesa en circuit par les fajas nord

La vallée d'Ordesa est célèbre à juste titre et mérite sans hésitation une visite (hors saison touristique...). Plus que les nombreuses cascades, le cirque de Soaso dominé par les contreforts tout enneigés du Mont Perdu m'a particulièrement marqué (2h15 pour atteindre le fond du cirque, où se cache la dernière cascade). Pour les personnes exemptes de vertige et au pied sûr, je conseille un retour par les fajas permettant de mieux apprécier les falaises du canyon. La faja de Pelay (rive sud, orientée au nord) étant totalement obstruée par la neige, le choix se porte sur les fajas de la rive nord. À 45mn en revenant du cirque de Soaso, emprunter la faja de Canarellos ou Petazals, qui circule au pied des falaises nord et atteint en 1h30 le cirque de Cotatuero (aucune difficulté technique, mais impressionnant et il est interdit de trébucher à certains passages). 30mn de plus pour atteindre le pied des clavijas de Cotatuero et comprendre comment on franchit l'escarpement vertical. Redescendre légèrement pour prendre la faja Racòn, aussi impressionnante que la précédente, et rejoindre en une heure le cirque de Carriata, dominé par le tozal del Mallo. Il faut encore une heure de descente jusqu'à la route, 700m en aval du parking.

Canyon d'Ordesa Mont Perdu Canyon d'Ordesa Punta Galinero Punta Tobacor

Longueur :** pour le circuit, * sinon
Difficulté :* (mais circuit impressionnant)
Intérêt :**
Trajet :cartographie
Conditions :2002/04/16, grand beau

Tozal del Mallo (2254m), faja de las Flores, pico del Descargador (2627m) en circuit depuis la Pradera de Ordesa (1320m)

cirque de Carriata Beau circuit, qui serait interminable si le décor n'était aussi somptueux. Montée au cirque de Carriata, nombreux isards peu farouches, dont deux surpris nez à nez sur la fajeta qui permet de franchir facilement l'escarpement du cirque, et sentier en bordure des falaises jusqu'au tozal del Mallo (2254m). Vue splendide vers Otal, sur les murailles de l'Escuzana et celles du Gallinero, que l'on va contourner par la spectaculaire faja de las Flores (vers 2300m). Encore quelques rares plaques de neige, mais ça passait sans problème (avec guère plus de neige, elle aurait été totalement impraticable). Le parcours de cette étroite vire en équilibre dans la paroi est réellement magnifique. Une congère exposée occupait un des derniers éperons au-dessus du cirque de Cotatuero mais à ce point, la muraille de gauche était basse et coupée de couloirs faciles qui me permirent de sortir par le haut sans difficulté. Escuzana Soudaine découverte de la Brèche de Roland et du Casque. Traversée à vue d'un vaste lapiaz gris, où il n'est pas simple de garder la bonne direction, pour monter à l'intrigant pico del Descargador (2627m), aux courbes de niveau si bien tracées sur le terrain. Les murailles sud du Casque et de la Tour sont de toute beauté, le Perdido et ses satellites bien visibles, l'entaille du Cotatuero laisse deviner ses abîmes. Au col de Millaris (2457m), le refuge de Góriz (2195m) semble tout proche mais n'en finit pas de se rapprocher. Descente vers Soaso par les clavijas (désescalade facile mais impressionnante), magnifique vallée d'Ordesa, par la rive gauche sur le bas, pour revoir les parois parcourues par le haut le matin.

Longueur :*** (1400m, 25 km)
Difficulté :** (orientation, vertige interdit, bonne visibilité indispensable)
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 409 (tozal del Mallo)
Conditions :2005/04/28, beau puis quelques cumulus, névés 2400m

Cañon de Añisclo (1700m) depuis l'ermitage de San Urbez (980m)

Olas depuis Añisclo Añisclo Un long parcours agréablement boisé remonte le cañon de Añisclo. Le début de la balade se passe dans le fond du canyon et il est difficile d'en apprécier l'ampleur. Ce n'est que quand le sentier se décide à monter d'un étage qu'il se dévoile enfin, tout en falaises, vires et clochetons. À la Ripareta (1390m, 6 km et 2 à 3 heures depuis le parking), la punta de las Olas et ses escarpements surgissent soudainement et temporairement, ils ne reparaîtront pas avant le magnifique site de Fuen Blanca (passerelle 1700m, 10 km, 4h environ), au pied du collado de Añisclo. Au final, un peu déçu par la première heure et demie, mais la suite compense largement.

Longueur :** (750m, 21 km AR jusqu'à Fon Blanca)
Difficulté :*
Intérêt :***
Trajet :cartographie
Topos :Boyer & Pardina, Randonnées dans les Pyrénées Aragonaises, page 114
Conditions :2004/10/03, beau

La Suca (2802m) en circuit depuis Escuaín

Añisclo Joli circuit où j'ai observé des isards, des dizaines de vautours à la parade, un gypaète rasant le cuello Viceto et un sanglier moins surpris que moi. À l'entrée d'Escuaín (1215m), suivre la piste barrée qui remonte la garganta de Escuaín (invisible). Au terminus, montée à vue au cuello Viceto (2007m) en passant au-dessus des pins. Jolie découverte du massif du Mont Perdu. S'élever au nord dans la désespérante pente herbeuse pour atteindre la pleta de los Flaixins (2400m env.), d'où l'on découvre enfin de près la Suca et les Tres Marías. Par bonne visibilité, l'itinéraire est évident et assez cairné : il faut passer au pied de la María occidentale pour atteindre le col entre celle-ci et la Suca. Le terrain calcaire, avec barres, surplombs, dolines et pertes, devient original alors que l'on s'approche des falaises supportant les sommets. Sans difficulté cependant, parvenir au col puis au sommet de la Suca (2802m). Quelques gouttes au col mais le ciel se dégage au sommet, dévoilant le massif du Mont Perdu débutant d'un trait à la punta de las Olas qui s'élève par mille mètres de falaises. La Suca est un beau belvédère, sur le Mont Perdu bien sûr, mais aussi sur le balcon de Pineta, le cañon de Añisclo, les Parets de Pineta et plus loin vers Cotiella - Montañesa. Seule la Munia m'est restée cachée dans les nuages.

Pour varier la descente, suivre le contrefort sud de la Suca, plus facile qu'il n'y paraît (cairns), avant de repasser au plateau de Flaixins et au cuello Viceto. Continuer au sud sur la ligne de crête, en feintant par l'est le premier tozal. Le tozal de Basones (2132m) peut être contourné par l'ouest mais il est dommage de se priver de ce belvédère, face au cirque de Gurrundué. Continuer au SE sur les croupes herbeuses en évitant plus ou moins certains mamelons jusqu'au cuello Ratón (1684m), au pied du Castillo Mayor. On y trouve le GR15 qui descend sans chicaner à Escuaín.

Longueur :*** (1800m)
Difficulté :** (hors sentier, bonne visibilité préférable)
Intérêt :**
Trajet :cartographie
Conditions :2006/10/07, plutôt beau sur l'avant-chaîne, frontière accrochée avec éclaircies

Grand Sestrales (2106m) en circuit depuis Bestué

Assez long circuit, varié, pour gravir un joli belvédère par un itinéraire assez détourné mais toujours évident. Depuis Bestué (1230m, route goudronnée), suivre le GR15 vers l'ouest (vieux balisage). Il commence par perdre 300m pour traverser le rio Airès vers 940m puis s'élève et franchit la crête sud issue du Sestrales vers 1400m. En douce montée, il longe ensuite des falaises. On rejoint alors l'itinéraire venant de San Urbez en trouvant à droite un sentier (cairn) qui s'élève brusquement dans les buis. Une cheminée facile (quelques pas d'escalade I) permet de retrouver la crête, que l'on quitte aussi vite pour un cheminement horizontal sur la terrasse supérieure versant Añisclo. Cette jolie traversée se termine à une vaste raillère, que l'on remonte péniblement pour atteindre un col à gauche d'un piton massif parfois dénommé Petit Sestrales. Gravir un petit ressaut au sud et suivre versant Bestué une large vire déversante vers une fenêtre de pierre. Elle conduit à une cheminée facile qui nous hisse sur l'immense plateau sommital du Grand Sestrales (l'éminence sud du plateau, légèrement plus basse, semble être le Petit Sestrales de mes cartes). Le retour s'effectue en continuant vers le nord, soit en bordure du canyon, soit sur la ligne de crête, pour atteindre le collado de Plana Canal où une longue piste (7 km environ) ramène au-dessus de Bestué.

Longueur :** (1300m et pas mal de km)
Difficulté :** (cheminées faciles, éboulis)
Intérêt :**
Trajet :cartographie
Topos :Boyer & Pardina, Randonnées dans les Pyrénées Aragonaises, page 115 (depuis San Urbez)
Angulo, Pyrénées : 1000 ascensions, tome III, topo 410 (depuis San Urbez)
Conditions :2002/11/08, couvert

Peña Altura (2292m) depuis Tella

Peña Altura Départ de la piste issue de Tella qui s'élève vers les pâturages au pied du portillo de Tella (parking entre 1300m et 1650m selon l'envie et la barrière). Balisage rouge-blanc jusqu'au portillo de Tella (2062m), puis crête vers l'est et contournement du bastion terminal par le nord (le plus rapide, pente raide) ou le sud (facile en allant chercher la crête loin à l'est). La pala de Montinier est remarquable, jolie vue vers le Cotiella.

Longueur :* (700m à 1000m)
Difficulté :*
Intérêt :*
Trajet :cartographie
Topos :Boyer & Pardina, Randonnées dans les Pyrénées Aragonaises, page 109
Ratio & Audoubert, 50 balades et randonnées dans le Haut Aragon, page 83
Conditions :2005/04/29, beau