Magnifique massif central, éclipsé en altitude par la Maladeta et les Posets tout proche, mais abritant une imposante collection de hardis sommets. Le Perdiguère, point culminant du secteur, n'est qu'un informe tas de blocs mais tous les autres sommets présentent de belles silhouettes formées de grandes parois et de longues crêtes déchiquetées. Grâce aux refuges d'Espingo, du Portillon et du Maupas, les sommets ne sont guère éloignés mais la majorité nécessitent une certaine expérience. Ma préférence va au « pic » des Crabioules, étroite crête de trois cents mètres de long se relevant à peine aux deux extrémités, et surtout à l'élégant pic des Gourgs Blancs. Il faut le voir depuis la tusse de Montarqué au petit matin quand il s'enflamme, l'examiner depuis les Spijeoles par-dessus son glacier résiduel, le retrouver depuis le Schrader en premier plan des autres 3000, l'admirer depuis les Posets, enfin le gravir en traversée du port d'Oô au port de Pouchergues, et se laisser convaincre que c'est le plus beau sommet des Pyrénées.
Carte schématique du secteur Oô-Portillon.
Zone très fréquentée (à raison) du lac d'Oô, du lac d'Espingo et du lac du
Portillon, dominé par une crête de 3000 (Perdiguère
en tête). La tusse de Montarqué se trouve au milieu du cirque d'Espingo et
surplombe le lac du Portillon et le lac Glacé, offrant une vue complète sur
l'ensemble du site. Le 3 mai 1997 constituait la date d'ouverture du refuge
d'Espingo (accès au refuge quasiment sans neige). Par contre, le 28 avril
2000, la neige fraîche abondante ne m'a même pas permis d'atteindre le
Portillon. J'ai quand même eu droit au refuge d'Espingo pour moi tout seul !
Comme la Tusse se trouve sur le chemin menant au Seil de
la Baque et vers les Gourgs Blancs, de nouvelles
visites m'ont permis de confirmer que c'est un belvédère extraordinaire et
facile d'accès.
| Longueur : | ** (800m+1000m) |
| Difficulté : | * |
| Intérêt : | *** |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, pages 45-53 |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 572 | |
| 50 sommets, 3ième série, page 103 | |
| Conditions : | 1997/05/03, nuageux, averses, neige 1900m |
| 2000/04/29 (sommet pas atteint), grand soleil, vent froid, neige 1900m | |
| 2002/09/29 (Espingo), beau |
Joli parcours panoramique, en empruntant le GR10 de Superbagnères au lac
d'Espingo et en descendant aux granges d'Astau. Le cirque des Crabioules
pour commencer la journée, le cirque d'Espingo pour la finir. Un peu de
distance mais petit dénivelé. À la hourquette des Hounts-Secs (2267m), faire
un petit saut au cap de Bassieret (2296m) pour prendre un peu de recul.
| Longueur : | * (+600m, -1300m, assez long : 16 km) |
| Difficulté : | * (absence totale de neige indispensable) |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Conditions : | 2010/09/05, beau |
Belle et longue course de crête, sans grandes difficultés (des passages de
IIinf pleine crête, peu exposés en général), mais à n'entreprendre que par
temps sec. À éviter quand la station de Peyragudes est ouverte.
Départ au hameau de Gouaux-de-Larboust d'en Bas (1300m), d'où l'on parcourt
la croupe herbeuse par le cap de Montcaup (2025m) jusqu'au début de la crête
des Six Pics (2h environ). La crête est constituée de nombreuses pointes et
gendarmes, certains pouvant être évités par des passages sur flancs herbeux
raides. La crête elle-même présente aussi des passages herbeux raides.
En cas de neige, la difficulté augmente à peine mais l'ambiance beaucoup
plus. Comme toujours sur une crête, attention au corniches. 2h15 - 2h30 pour
atteindre le Montségu. Quelques échappatoires, très raides, versant N.
La crête offre de belles vues sur la cascade d'Oô (sans qu'on ne voie jamais le lac) et le cirque d'Espingo (Quayrat - Perdiguère - crête du Seil de la Baque - Spijeoles) et des aperçus sur le Maupas et les Crabioules. Le Montségu ouvre la vue vers l'ouest, depuis l'Arbizon, le massif du Néouvielle jusqu'au Lustou. Et bien sûr, le Hourgade et Nord Nère tout proches.
Pour le retour, revenir entre le Cap des Hittes et le Montségu et descendre dans le vallon pour rejoindre le lac de Laouay. Partir à droite et continuer la descente pour trouver une piste. Ne pas descendre au bord du ruisseau mais suivre la piste dans le bois en laissant à gauche un embranchement qui rejoint la route des Agudes.
| Longueur : | ** (1300m avec les oscillations, long) |
| Difficulté : | *** (crête, escalade II, pentes herbeuses) |
| Intérêt : | ** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Conditions : | 2001/04/01, grand soleil, chaud, neige 2000m/1800m |
| 2009/12/12, beau, neige 2000m/1600m (crampons) |
Accès facile par le nord-ouest, bien agréable avec la neige. La vue au sommet est belle et large (Gourgs-Blancs, Crabioules, Aneto, etc). Pour faire un petit circuit, il est possible de revenir par la crête nord avant de piquer dans les pâturages à la verticale de la voiture. On peut aussi monter au sommet en faisant un large détour par la crête à l'ouest qui nous sépare de la vallée d'Oô. Enfin, une dernière possibilité (que j'ai expérimentée) est une montée expéditive par le contrefort ouest qui évite de devoir s'enfoncer jusqu'au fond du vallon. Au final, une belle randonnée pour l'hiver.
| Longueur : | * (1000m) |
| Difficulté : | * |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topo 554 |
| Ratio, tome I, page 36 (Coume de Bourg) | |
| Conditions : | 2000/04/08, couvert, neige 1600m |
Des granges de l'Espone (1453m), remonter à l'ouest l'évident vallon dominé
par les raides pentes herbeuses du Céciré. Continuer jusqu'au col (2272m) et
virer à droite pour monter au sommet de la Coume de Bourg. Vaste panorama,
similaire à celui du Céciré. Superbe descente dans le haut, neige de rêve.
| Longueur : | * (900m) |
| Difficulté : | * |
| Intérêt : | ** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | Laurens, skis dans les Pyrénées centrales, page 33 |
| Conditions : | 2009/01/04, beau, neige 1450m (skis) |
Montée au pic de Hourgade par la voie classique depuis Peyresourde, qui emprunte un joli sentier en balcon (un peu long au retour) et passe aux lacs de Nère. Le Hourgade est réellement un splendide belvédère, encore plus quand la neige commence à blanchir les sommets : sommets du luchonnais tout proches (Perdiguère, Spijeoles, Gourgs Blancs) ; Clarabide et Posets au-dessus du lac de Caillauas ; la grande muraille Schrader-Abeillé ; Batoua-Lustou-Estos et la face sud de l'Arbizon. Au retour, à partir du lac supérieur (2840m ?), suivre la crête E puis NE qui conduit au pic d'Espingo. On peut feinter le pic de Nère (2734m) par le nord en rejoignant la crête au niveau d'une pointe secondaire avant la profonde brèche (2681m) précédant le pic d'Espingo. Petite escalade en terrain médiocre pour atteindre le pic d'Espingo (ou pic de Leytarous, 2856m), puis longue crête facile coupée d'une petite brèche jusqu'au pic de Nord Nère (2844m, 1h30 depuis le Hourgade). Il ne reste plus qu'à rejoindre le couret d'Esquierry (2131m) pour fermer la boucle.
| Longueur : | *** (1500m) |
| Difficulté : | ** (circuit : quelques IIinf, hors sentier) |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, page 39 (Hourgade) |
| 50 sommets, 3ième série, pages 69 et 99 (Hourgade et Nord Nère) | |
| Conditions : | 2001/10/27, beau, traces de neige |
L'accès au Hourgade par le lac de Hourgade n'est déjà pas un itinéraire simple. Si on y rajoute le parcours de sa crête NO, on obtient un itinéraire difficile mais pas inintéressant. De la cabane d'Ourtiga (1630m), on voit clairement au SO le col d'Estiouère (2437m), entre Estiouère et Pichadères. S'y diriger au mieux (complètement hors sentier) et rejoindre ce col, qui ne cesse de s'éloigner au fur et à mesure de la montée. Sans difficulté, grimper à l'est au pic d'Estiouère (2619m), en zigzaguant de par et d'autre de la crête. On découvre les abîmes du vallon de Cascarré, le petit lac de Hourgade et la crête qui nous attend. En se tenant sur le fil ou à l'est, descendre la crête au S jusqu'à la porte d'Enfer (2596m), au pied de la Belle-Sayette (terrain facile mais délicat, dangereux si humide). Échappatoire facile vers le lac de Hourgade. Escalader la crête, constituée de frontons peu difficiles (II/IIsup) ou de dalles schisteuses inclinées, le tout au-dessus d'à-pics. À la Belle-Sayette (2812m), on découvre le lac de Caillauas et le débouché des gorges de Clarabide.
La difficulté et l'exposition augmentent encore pour la descente vers la brèche Belle-Sayette - Hourgade : dalles très inclinées et à-pics vertigineux, avec en bonus un passage à califourchon à la sortie délicate et une dalle lisse et malcommode. Échappatoire à la brèche, vers le pied des falaises portant le pierrier sommital du Hourgade. Si l'on continue, on rencontre encore plusieurs frontons verticaux et passages exposés, avant que l'arête ne se fonde dans la face NO du Hourgade (2964m), que l'on atteint alors sans problème. Splendide belvédère.
Le retour par le lac de Hourgade n'est pas limpide : le pierrier de la face NO est soutenu par un ressaut, dont le franchissement à la descente est peu clair. Pour ma part, je suis passé à l'est (côté crête N du Hourgade), mais il est peut-être plus rapide de passer à l'ouest (côté Belle-Sayette). Sous le lac, partir à la chasse aux cairns (discrets, pas de sentier). Ceux-ci m'ont conduit à trouver vers 2150m un sentier mal en point, qui part horizontalement au-dessus de falaises, et disparaît dans les rhododendrons à l'approche du vallon du col d'Estiouère, où j'ai retrouvé mon cheminement matinal. J'aurais préféré trouver le sentier de la carte IGN, 200 mètres plus bas.
Mes temps : pont de Hournets - pic d'Estiouère : 2h40 ; Estiouère - Belle-Sayette : 1h ; Belle-Sayette - Hourgade : 1h20 (le guide Ollivier indique 2h - 2h30 pour cette liaison, mais il y a certainement confusion).
| Longueur : | *** (1800m) |
| Difficulté : | *** (longue escalade II/IIsup exposée ; hors sentier pour le reste) |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topo 543 (Hourgade par le lac) |
| Guide Ollivier Pyrénées Centrales V | |
| Conditions : | 2005/07/02, beau, rares névés |
Très long circuit, avec une longue crête chaotique, dans un secteur totalement délaissé des montagnards. Monter au col d'Espingo (1967m), passer au déversoir du lac d'Espingo (1882m) et suivre le sentier du val d'Arrouge. À la cabane (2120m), laisser le sentier principal qui prend de la hauteur et rejoindre le vallon. Les deux pics visibles en face sont les pics Marcel Spont et des Isclots. Le passage des barres est peu évident et je ne pense pas avoir trouvé le passage Sabathé. On remarque à gauche des falaises une vire horizontale qui débute à droite dans une encoignure où coule un ruisseau. Je suis monté dans cette encoignure mais surprise, pas de vire en haut. Par contre, la raide pente au-dessus était praticable grâce aux rhododendrons qui fournissaient d'excellentes prises. Passage peu recommandé à la descente (de toute façon, il est probablement introuvable vu d'en haut). S'orienter ensuite progressivement vers l'ouest en prenant de la hauteur entre pelouses et affleurements rocheux, en se dirigeant vers l'importante crête nord du Marcel Spont. Logiquement, on passe au lac coté 2460, mais on peut aussi monter plus franchement pour visiter les lacs de l'étage supérieur. Contourner la crête nord du Marcel Spont et remonter le vallon de pierraille jusqu'au pied de la crête où l'on vire à gauche pour prendre de la hauteur (névé gelé, ce qui m'a renvoyé dans de mauvais rochers II) pour atteindre une cuvette sous le sommet. Le rejoindre par la crête N (quelques pas d'escalade facile). Sommet bien isolé, vaste panorama.
Parcours de la crête des Hermitans. Guère d'échappatoires, rocher souvent à contrôler. Ni trace ni cairn, on perd parfois du temps à chercher le bon cheminement. Descendre par la crête, facile, jusqu'à une première brèche. La descente à la deuxième brèche (2857m) se fait par une très grande dalle parfaitement lisse mais heureusement peu inclinée, puis un pas de III pour rejoindre le seuil. Commencer à grimper une petite pointe puis la contourner par la droite (II aérien) pour rejoindre le seuil suivant. Sérieux morceau d'escalade ensuite légèrement à gauche du fil (III sur plusieurs mètres puis II, aérien, rocher médiocre). On trouve encore deux brèches (II avec pas de III) avant le sommet du pic des Isclots (2924m, une demi-heure depuis le Marcel Spont). La suite est plus facile. Descendre à une brèche (où passe la voie normale du pic des Isclots) et remonter à la pointe 2869m (II). La descente à la brèche suivante, qui est pratiquement de plein pied avec le pierrier du Seil Grand, est peu évidente. Elle se fait en versant nord, dans un mur vertical mais abondamment fourni en bonnes prises (IIsup sur une quinzaine de mètres). Le reste de la crête ne présente pas de passages caractéristiques : elle se parcourt sur le fil (nombreux passages en II, blocs parfois instables) ou à proximité versant sud, mais il faut parfois perdre pas mal d'altitude dans le versant sud, raide et herbeux (gispet), pour rejoindre le seuil des brèches qui se succèdent. On passe le pic des Hermitans (coiffé de granit blanc) sans le remarquer pour aboutir au mail Mouillat (2777m). La crête devient alors granitique, effilée et complexe. Des brèches excessivement étroites et une suite de passages aériens en II mènent au pied du dernier ressaut, qui semble sérieusement plus dur. J'ai choisi de rejoindre le gradin caillouteux situé sous la porte d'Arrouge. Désescalade II et III, délicate et exposée (un rappel aurait été très utile). 2h15 depuis le Marcel Spont. Parcourir tout le gradin vers le nord, une petite désescalade permet de rejoindre le haut du val d'Arrouge. Monter au col de Nère Arrouge (2813m) et descendre par la voie normale du pic de Hourgade. Au déversoir du lac de Nère inférieur, prendre à droite un sentier d'abord peu marqué (cairns) qui traverse horizontalement les flancs raides du pic de Nord Nère (un peu vertigineux par endroit) pour arriver au couret d'Esquierry (2131m) où une longue descente ramène aux granges d'Astau.
| Longueur : | *** (2100m, voire plus) |
| Difficulté : | **** (PD+, escalade II/III, hors sentier) |
| Intérêt : | ** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | Guide Ollivier Pyrénées Centrales V |
| Conditions : | 2009/08/23, beau |
Pour commencer, une belle balade de lacs avec le lac de Caillauas, très
encaissé, puis les jolis lacs des Isclots et du Milieu. L'accès au col de
Gourgs Blancs est assez rude, même s'il n'y a plus guère à s'inquiéter du
glacier des Gourgs Blancs (qui ressemble tout au plus à un vague névé
oublié). Le col des Gourgs Blancs offre déjà une belle vue sur le lac Glacé
du port d'Oô, le Perdiguère, le grand glacier du Seil de la Baque (désormais défunt), l'impressionnant
pic des Gourgs Blancs et, plus loin au sud-ouest, le
Schrader. La crête finale demande un peu d'attention
mais ouvre la vue.
| Longueur : | ** (1400m depuis la Soula) |
| Difficulté : | ** (crête finale) |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | RandoÉditions Hautes-Pyrénées, page 193 |
| 1000 ascensions, tome IV, topos 539, 537 | |
| Conditions : | 1998/09/06, beau |
Pour varier la montée au refuge du Portillon, passage par le lac Glacé
(2664m) et par le Gourdon, en suivant l'itinéraire du col des Gourgs Blancs
et en le quittant une fois passé l'éperon E du Gourdon. Ce sommet secondaire
offre une belle vue, sur les divers lacs du secteur (notamment les Gourgs
Blancs, magnifiques) et sur les sommets du Portillon. La moitié occidentale
du Seil de la Baque est en voie de disparition, fragmentée en multiples
portions sans épaisseur. Avec le recul des neiges, un laquet a fait son
apparition dans le versant NO du cap de la Baque ; le laquet 2672m à l'ouest
des Spijeoles est bien plus grand que sur la carte mais encore couvert de
banquise mi-septembre.
| Longueur : | *** (1900m+100m) |
| Difficulté : | ** (pierriers, crête finale) |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topo 537 |
| Conditions : | 2005/09/14, beau |
Le tricéphale pic Belloc est une modeste éminence sur la crête Spijeoles -
Hourgade. Son ascension n'est vraiment intéressante que combinée avec le pic
des Spijeoles. Elle visite en outre le Seil Grand, vaste plan incliné
émaillé de lacs et laquets situé entre le piton d'Espingo et la crête des
Spijeoles, où vous ne croiserez certainement personne. Pour accéder à la
brèche Belloc (au nord du pic), le plus facile (mais pas le plus court) est
de suivre le chemin du Portillon jusqu'à la passerelle de la Coume de
l'Abesque, prendre le sentier du lac Glacé pour franchir le premier ressaut
et le quitter vers 2300m pour contourner (hors sentier, pas de traces) la
pointe Belloc.
On atteint un premier lac sous les escarpements de cette pointe. Le pic
Belloc et son farouche éperon nord sont bien visibles et la direction de la
brèche est évidente. Le couloir (modérément pentu) de la brèche est défendu
par un névé permanent (encore présent mi-août 2003), dont la partie basse
peut être évitée par la droite. En absence d'équipement, j'ai escaladé à
droite le long d'une étroite fissure pour rejoindre le haut du couloir
(escalade IIsup exposée). De la brèche, une escalade peu difficile (II
aérien par endroit) conduit au sommet. La crête entre la troisième pointe et
le pic des Spijeoles ne présente par contre quasiment aucune difficulté et
se déroule dans un cadre magnifique dominé par les Gourgs Blancs (environ
trente minutes entre les deux pics). Le circuit peut être réalisé en sens
inverse, avec une descente plus rapide sur le val d'Arrouge ou sur le lac
Saussat, mais on tourne alors le dos au paysage et un enneigement
insoupçonné du couloir de la brèche Belloc peut constituer une désagréable
surprise.
| Longueur : | *** (2000m) |
| Difficulté : | *** (escalade II un peu aérienne, hors sentier) |
| Intérêt : | ** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topos 540, 541, 538 |
| Conditions : | 2003/08/09, un peu nuageux |
Long et splendide circuit, permettant de gravir le pic des Gourgs Blancs,
sommet élégant ne disposant d'aucune voie d'accès facile. À réserver aux
montagnards chevronnés et par beau temps. L'itinéraire était totalement
déneigé le 11/09/2000 (année sèche cependant).
Partant du refuge du Portillon (2580m), passer au col du Pluviomètre
(2880m), descendre sur la moraine en direction du col des Gourgs Blancs,
puis obliquer vers le port d'Oô (2908m) qu'on atteint par des éboulis
instables en 1h30 (en fait, on ne passe pas au port d'Oô, infranchissable,
mais à un autre col tout proche (2910m) au pied du pic Jean
Arlaud). Descendre dans les éboulis puis les gros blocs en Espagne pour
contourner le pic des Gourgs Blancs. Repérer le premier couloir à droite qui
provient de la brèche des Gourgs Blancs, j'en reparlerai plus loin. Éviter
de trop descendre vers le lac de Gias (ou lac du Puerto d'Oô, à ne pas
confondre avec le lac Glacé du Port d'Oô, situé en France) en passant au
nord du mamelon coté 2805m sur la carte TOP25 et contourner un dernier
éperon vers 2780m. On atteint le vallon menant au port supérieur de
Pouchergues ou port de Gias, que l'on quitte aussi vite pour se diriger au
SO vers la brèche de Gias (2965m) qui sépare le pic de Gias (ou pic sud de
Clarabide) du pic central de Clarabide. On remonte le vallon en obliquant
sur la fin vers l'arête NE du pic de Gias. Une escalade facile permet
d'atteindre le sommet (3011m). On redescend à la brèche pour atteindre le
pic principal de Clarabide (3020m. 2h30 depuis le refuge du Portillon) puis
le pic oriental de Clarabide (3012m) avant de rejoindre le port supérieur de
Pouchergues ou port de Gias (2921m).
Jusque là, peu de difficultés techniques, simplement des éboulis (tous les genres : petits et gros, stables et instables, morainiques et d'érosion, lisses et tranchants) et quelques cairns isolés. Monter dans de gros éboulis puis de gros blocs stables à la pointe Lourde-Rocheblave (3108m). À partir de là, la crête devient aérienne et exposée, nécessitant de nombreux passages d'escalade en II ou III, notamment entre la Tour Armengaud (3114m) et l'antécime ouest (3127m). Ces difficultés peuvent cependant être évitées en suivant soigneusement des cairns dans le flanc sud, avec plusieurs pas de II peu exposés. Ce parcours demande de l'attention et de la prudence, mais permet d'atteindre plus facilement le pic des Gourgs Blancs (3129m. 3h30 depuis le refuge). Panorama splendide sur les Posets, le pic Schrader, les gourgs Blancs de couleur bleu laiteux, les Spijeoles et les autres sommets entourant le lac du Portillon (le pic des Crabioules est particulièrement élégant).
Le retour peut commencer : descendre à l'est jusqu'à la brèche des Gourgs
Blancs (3045m) devant le pic Jean Arlaud (3065m). Le couloir nord nécessite
un rappel et des crampons pour le glacier des Gourgs Blancs, mais le couloir
sud est vaguement plus engageant : il est coté II à IIIinf selon les
auteurs, en terrain croulant et dangereux (chutes de pierres garanties,
soyez prudents), mais conduit rapidement au port d'Oô. Après en avoir
descendu ses pénibles éboulis instables, on se dirige au nord pour franchir
facilement vers 2830m une petite barre rocheuse et on trouve les cairns de
l'itinéraire col des Gourgs Blancs - Espingo (on évite ainsi la remontée au
col).
Cet itinéraire passe par le petit lac 2735m au-dessus du lac Glacé du Port
d'Oô (2664m) puis rejoint la voie normale des Spijeoles et emprunte un
sentier abondamment cairné et sans difficulté par beau temps. Les gens
raisonnables considéreront que la journée a été bien remplie et rentreront
sagement à la voiture.
Pour les autres, il est tentant de s'offrir le pic des Spijeoles pour terminer une splendide journée. Rester sensiblement vers 2830m pour contourner le pic Gourdon et atteindre le vallon menant à la brèche des Spijeoles en passant largement au-dessus du petit lac 2735m. Traverser le vallon et rejoindre les cairns sur la bordure nord. Après une courte cheminée facile et des éboulis lassants en fin de journée, on atteint le sommet du pic des Spijeoles (3065m). Compter maintenant quatre bonnes heures pour rejoindre la voiture aux granges d'Astau (1139m) en suivant la voie normale du pic des Spijeoles.
| Longueur : | *** (+1200m, -2700m depuis le refuge) |
| Difficulté : | *** (IIsup exposé, éboulis raides, hors sentier, orientation) |
| Intérêt : | **** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, page 49 (Spijeoles) |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 530 (Clarabide) | |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 532b (Gourgs Blancs par le sud ; en fait, je n'ai pas suivi ce topo qui utilise un couloir qui m'a semblé croulant et guère mieux que le passage à flanc à proximité de la crête) | |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 538 (Spijeoles) | |
| 50 sommets, 3ième série, page 109 (Spijeoles) | |
| Conditions : | 2000/09/10 (refuge) |
| 2000/09/11, grand soleil, orage en soirée |
Une course en deux parties bien distinctes : une première partie technique
pour parcourir la crête des Gourgs Blancs et une longue deuxième partie
aventureuse pour revenir aux granges d'Astau via la porte d'Arrouge et les
lacs de Nère.
Départ du refuge du Portillon (2580m), tusse de Montarqué alors que le
soleil enflamme le Seil de la Baque, col du Pluviomètre, port d'Oô
(2910m). Ça monte vite, la première neige de l'automne a moucheté les
parois, comblé les creux des pierriers et figé les blocs. Au port d'Oô, je
cherche « le couloir de la face SE qui démarre légèrement sous le port d'Oô
et qui s'élève en diagonale vers l'ouest » (Alejos) : je m'engage sur la
large corniche évidente qui débute quelques mètres sous le col, mais elle se
termine en impasse au-dessus du couloir de la brèche des Gourgs
Blancs. Retour au port, interrogations et hésitations, puis j'attaque
directement dans la face E, en utilisant d'étroites nervures et de petites
vires herbeuses, en tirant progressivement à droite ; peu difficile mais
assez exposé et impressionnant. Je rejoins ainsi une cheminée en bordure de
la face, où un cairn me signale que je ne suis pas le seul à errer dans
cette face. La progression continue en zigzag sans trop de difficultés
(II/IIsup), avec quelques passages exposés mais faciles. Sommet du pic Jean
Arlaud ou du Port d'Oô (3065m). Descente facile à la brèche des Gourgs
Blancs (un court passage aérien juste avant la brèche) puis remontée
tranquille au pic des Gourgs Blancs, sommet élégant au panorama
splendide. Je continue vers l'ouest en crête. Après l'antécime O, la crête
constituée d'énormes blocs devient compliquée, en particulier au passage des
deux magnifiques flèches de granite. Je contourne laborieusement la première
mais je bute sur la deuxième. Petit retour en arrière pour prendre un
couloir et traverser une dizaine de mètres sous la crête (cairns, petit II).
Remontée en crête à la tour Armengaud, les difficultés cessent à la pointe
Lourde-Rocheblave (3104m). En continuant sur l'arête NO, on atteint
rapidement le pic Camboué (3043m), peu marqué, puis, après une brèche un peu
plus délicate (facilement évitable au sud) le pic de Saint-Saud (3003m).
Le retour le plus facile passerait soit au sud par les ports de Gias et d'Oô
(cf ma visite précédente), soit au nord par les cols
de Pouchergues et des Gourgs Blancs. J'avais décidé de partir à l'aventure
en rentrant par la porte d'Arrouge. C'est loin d'être une promenade de
santé, du fait de la longueur et de l'absence totale de traces. Depuis le
sommet, repérer le cheminement, en particulier l'éperon SO du mail Mouillat
et le mamelon 2543m entre lesquels se situe le couloir de la porte
d'Arrouge. Par beau temps, le cheminement est cependant assez évident même
si laborieux. Longer l'arête NO du pic de Saint-Saud vers la pyramide de
Pouchergues. Peu avant celle-ci, descendre à gauche dans le pierrier puis
traverser horizontalement jusqu'au col de Pouchergues (2718m). Descendre en
cheminant au milieu des barres (tirer à droite dans le doute) et passer au
déversoir du lac du Milieu (2510m). Longer le lac jusqu'au pied des falaises
du pic des Isclots, puis passer au-dessus d'un petit lac, dont le bleu
sombre contraste avec le bleu-vert laiteux du lac du Milieu. Une sente
s'élève à flanc pour passer très haut au-dessus du lac des Isclots. Elle
disparaît en vue du lac de Caillauas. Contourner le lac par le nord en
s'élevant assez haut pour franchir la profonde entaille d'un ruisseau issu
de la crête des Hermitans et continuer laborieusement pour passer au ras de
l'éperon du Mouillat derrière lequel se devine le couloir (encaissé et
étroit dans sa partie haute).
Pour éviter les éboulis, je préfère m'élever sur la bordure rive droite, le
long de la vague arête qui descend au mamelon 2543m ; pente semi-herbeuse
assez forte, temps sec nécessaire. Cette arête finit par se fondre dans la
paroi mais permet d'atteindre (fatigant) une petite brèche sur la crête
(est-ce la porte d'Arrouge 2809m ou celle-ci est-elle au tout proche
débouché du profond couloir ? les isards surpris sur la crête ne répondront
pas). Descendre d'une dizaine de mètres et tourner à gauche sur la terrasse
herbeuse qui s'appuie sur les falaises fermant le val d'Arrouge.
Une courte désescalade un peu délicate par un système de vires schisteuses
pour rejoindre le haut du vallon et une petite remontée pour le col de Nère
Arrouge (2813m), entre la crête Hourgade - Arrouge et le pic de Nère
Arrouge. On retrouve enfin des traces de passage, avec le sentier
abondamment cairné du Hourgade et des lacs de Nère. En suivant ce sentier,
on atteint le GR10, 200m (de dénivelé, hélas) sous le couret d'Esquierry (il
existe un sentier à flanc qui aurait pu m'éviter cette remontée
; il se prend au déversoir du lac de Nère inférieur).
Une dernière montée interminable et une belle descente ramènent aux granges
d'Astau. En chemin, une marmotte peu farouche me regarde calmement passer à
moins de cinq mètres alors que ma présence dérange une dizaine de vautours
festoyant d'un cadavre de vache.
Pour mémoire : refuge du Portillon 7h30, pic des Gourgs Blancs 10h10-10h20 (2h40, +750m, -200m), pic de Saint-Saud 11h20 (1h, -150m), lac du Milieu 12h30-12h45 (1h10, -500m), col de Nère Arrouge 14h20-14h30 (1h30, +400m), couret d'Esquierry 16h15 (1h45, -950m, +200m), Astau 17h20 (1h, -1000m).
| Longueur : | *** (+1350m, -2800m depuis le refuge) |
| Difficulté : | *** (longue escalade II/IIsup, exposé, pierriers et terrain délicat, hors sentier, orientation) |
| Intérêt : | **** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | carte + reconnaissances + imagination + improvisation + guide Ollivier |
| Conditions : | 2003/09/14 (refuge), beau |
| 2003/09/15, beau se chargeant lentement par le sud, traces de neige |
Superbe journée, ascension assez technique du magnifique pic des Gourgs
Blancs, et un petit supplément facile au Seil de la Baque, histoire de
profiter de conditions de rêve. Départ du refuge du Portillon (2580m),
immédiatement chaussage des crampons que je ne quitterai pas de la journée,
beaucoup de neige pour une fin-juin, feintage de la tusse de Montarqué, col
du Pluviomètre, col des Gourgs Blancs (2877m). Traversée horizontale bien
enneigée pour couper l'éperon nord du pic des Gourgs Blancs sur une vague
épaule et rejoindre directement le pied du raide couloir qui aboutit juste à
l'ouest de la pointe Lourde-Rocheblave. La neige est dure, sur les pointes
pour le haut du couloir, ça monte vite. Après la pointe Lourde-Rocheblave,
beaucoup de neige dans le versant sud. Bien gelée, fiable et agréable à
cramponner, mais plusieurs traversées très raides et exposées, sans compter
quelques pas d'escalade II acrobatiques en crampons et plusieurs hésitations
pour trouver un terrain pas trop difficile, et enfin le sommet des Gourgs
Blancs, toujours aussi magnifique. Ciel tout bleu mais petit vent frisquet.
Descente à la brèche des Gourgs Blancs (3045m), puis plongeon dans le
couloir sud, totalement enneigé, très raide sur le haut (45° selon les
guides). La neige est toujours bien dure, les crampons mordent bien, et je
rejoins rapidement le pied du couloir avant de remonter au port d'Oô
(2910m). Descente d'une cinquantaine de mètres versant nord pour longer la
crête sur le défunt glacier occidental du Seil de la Baque et montée directe
au Cap occidental du Seil de Baque (3097m). Que ce terrain est agréable
quand il est couvert de neige.
Aller-retour au pic du Seil de la Baque pour profiter du beau temps. Crête
principalement rocheuse avec un peu de neige par endroit, sans réelle
difficulté mais assez aérienne, jusqu'au cap oriental (3103m), puis de
nouveau que de la neige jusqu'au pic lui-même (3110m), dont le sommet était
une belle corniche lui faisant gagner deux ou trois mètres. Retour au cap
occidental et rentrée par le refuge. Les névés permettent une descente
rapide et confortable jusqu'à la coume de l'Abesque.
Refuge du Portillon 5h30, pic des Gourgs Blancs 8h10-8h30, Port d'Oô 9h00, Cap du Seil de la Baque 9h50, pic du Seil de la Baque 10h15-10h30, refuge 11h45 (?), Astau 14h30.
| Longueur : | *** (1500m+1200m) |
| Difficulté : | *** (IIsup exposé, éboulis ou névés raides, hors sentier, orientation) |
| Intérêt : | **** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | guide Ollivier Pyrénées Centrales V |
| 1000 ascensions, tome IV, topos 533, 572 | |
| Camptocamp.org | |
| Conditions : | 2010/06/22 (refuge), beau, neige 2400m |
| 2010/06/23, beau, beaucoup de neige 2600m/2100m (crampons) |
Accessible rapidement depuis le refuge du Portillon (600m de dénivelé), la
crête du Seil de la Baque offre une vue presque aussi belle que depuis le Perdiguero et complète la visite du site du Portillon
par le lac Glacé et en s'approchant du pic des Gourgs Blancs. La crête est
sans vraie difficulté, mais toujours exposée. Sauf pour sa collection de
3000, on peut se contenter du cap de la Baque (ou cap Occidental, le premier
sommet où l'on rejoint la crête frontière).
| Longueur : | ** (1500m+600m) |
| Difficulté : | *** (escalade II aérienne après le cap de la Baque) |
| Intérêt : | *** |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, page 53 |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 572 | |
| 50 sommets, 3ième série, page 107 | |
| Conditions : | 2000/06/27, bouché, vent, neige 2600m (crampons) |
Après la longue montée au refuge du Portillon (2580m), le lendemain fut
occupé par le sommet principal et les crêtes E du cirque. La montée au
Perdiguero se fait sans trop de difficulté (crampons dans le vallon
supérieur de Litérole le 26 juin 2000) en deux heures par la voie
normale. Un petit bonjour au Hito Occidental, puis retour au col pour
attaquer la crête reliant les deux cols de Lliterola. Elle est sans
difficulté technique, mais un peu aérienne.
Depuis le col inférieur de Litérole, on rejoint le couloir de la brèche Mamy
pour grimper laborieusement jusqu'à la crête puis au pic occidental des
Crabioules. Le rocher dans le couloir est médiocre et la crête très
exposée. Le vent violent m'a dissuadé de prolonger jusqu'au sommet
oriental. Depuis le Perdiguero, la vue est immense de tout côté et la liste
des sommets visibles est bien trop longue. Le pic des Crabioules complète
les vues tant vers l'est, notamment par une plongée sur le cirque des
Crabioules et sur les crêtes Lézat - Crabioules - Maupas, que vers l'ouest,
sur le lac du Portillon.
| Longueur : | *** (1500m+1100m) |
| Difficulté : | ** pour Perdiguère, Royo (petite escalade, pierriers, blocs instables), *** pour Crabioules (escalade II) |
| Intérêt : | *** |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, pages 45-55 |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 568 (Perdiguero) | |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 564 (Royo - Lliterola) | |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 560 (Crabioules) | |
| 50 sommets, 3ième série, page 111 | |
| Conditions : | 2000/06/25 (refuge), beau |
| 2000/06/26 (sommets), grand soleil, vent, neige 2800m (crampons) |
Après une étrange montée dans le brouillard jusqu'à Espingo (en ne croisant
pratiquement personne), nuit agitée au refuge du Portillon : les orages se
succèdent jusqu'au matin, la grêle blanchit les abords du refuge. Entre
deux averses, aller-retour express à la tusse de Montarqué (2889m), où
quelques minutes de ciel bleu dévoilent le joli panorama avant que le ciel
ne se rebouche rapidement. À l'éclaircie suivante, je file vers les
Crabioules. Remontée rapide du couloir de la brèche Mamy (rochers humides),
quelques pas d'escalade pour le pic occidental (3106m). Les nuages poussés
par le vent de sud-ouest ont de nouveau envahi la crête des Gourgs Blancs et
s'attaquent à celle du Seil de la Baque. Comme les deux précédentes fois,
j'hésite à suivre la crête aérienne et exposée jusqu'au pic oriental (3116m)
et m'y lance. Pas de grosses difficultés (courts pas de II) mais plusieurs
passages très impressionnants, concentration continue au-dessus des
abîmes. Arrivé au sommet, les nuages se ruent à ma rencontre et je fais
quelques photos lors d'une timide éclaircie. Retour au pic occidental
(toujours aussi aérien !), brouillard, couloir Mamy et descente rapide
sur les névés jusqu'au refuge (A/R en 2h45).
Sentier des Mineurs : pour varier la descente vers Espingo, on peut passer
par le vieux sentier des Mineurs, sentier spectaculaire et oublié qui
contourne à mi-hauteur la tusse de Montarqué. Au départ du refuge du
Portillon, au lieu de suivre le chemin habituel sur le plateau, se diriger
légèrement à gauche vers une croupe, en longeant les petites falaises contre
lesquelles s'appuie le refuge (au besoin, se faire indiquer le passage par
le gardien).
On découvre alors le petit cirque suspendu au NE de la tusse. À l'opposé, il
est fermé par un éperon en forme de proue qu'un sentier bien visible
franchit. Descendre dans le fond du cirque pour trouver les cairns et le
sentier. Ce sentier aménagé lors des travaux hydroélectriques, parfois
taillé dans la paroi, un peu aérien et exposé (câbles), circule au mieux
dans le versant nord de la tusse. Il est impraticable si enneigé (si on
s'aperçoit que des névés coupent le passage, revenir dans le premier cirque
et rejoindre horizontalement le sentier normal du Portillon). Il aboutit au
lac Glacé du Port d'Oô qui garde tardivement sa banquise et offre une des
plus belles vues vers le pic des Gourgs Blancs. En se dirigeant vers
l'éperon SE des Spijeoles, on trouve sans ambiguïté le sentier cairné de
l'itinéraire col des Gourgs Blancs - Espingo, où j'ai eu la chance de
croiser un euprocte (je pense). Compter +150m, +45mn par rapport à la
descente normale.
Total de la journée : +1050m, -2500m.
| Longueur : | * (Crabioules : 600m depuis le refuge) |
| Difficulté : | *** (escalade II, crête très aérienne) |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topo 560 |
| Conditions : | 2003/06/27 (refuge), brouillard < 1900m, orageux |
| 2003/06/28 (sommet), temps perturbé, averses orageuses sur les crêtes, névés 2650m |
Après le périple aux Gourgs Blancs l'année dernière,
voici un autre circuit basé sur « pourquoi faire simple quand on peut faire
compliqué ». Objectif simple : Perdiguère et retour aux granges d'Astau ;
réalisation compliquée : Perdiguère par la crête sud, retour par le cirque
des Crabioules et le col de la Coume de Bourg. À faire de préférence en
début de saison, pour faciliter les longues descentes sur les pierriers.
Dès la sortie du refuge du Portillon, je quitte le chemin normal pour contourner le lac du Portillon par la droite (ouest), en bordure de l'eau : son niveau est exceptionnellement bas et sa banquise échouée ressemble à un mini-glacier, avec crevasses, ponts de neige et séracs (le contournement se fait normalement par l'est). Montée au Portillon d'Oô par le glacier (totalement enneigé) puis voie normale (longue cheminée en II soutenu) jusqu'au pic du Portillon d'Oô, trois mille secondaire éclipsé par le Perdiguère et la crête du Seil de la Baque, mais d'accès spectaculaire.
Retour au portillon d'Oô et rapide descente en Espagne sur la neige pour rejoindre la collada Gargallosa (2664m), grande brèche évidente sur l'arête sud du Perdiguère. Vue intéressante sur le versant sud-est de la crête du Seil de la Baque et sur la vallée d'Estos. L'arête sud du Perdiguero est d'abord large et herbeuse, puis s'effile temporairement (escalade facile un peu aérienne en cherchant son cheminement de part et d'autre du fil, cairnage insignifiant) avant de rejoindre le pierrier sommital. Petit détour au Hito Oriental (3170m) et sommet du Perdiguère (3222m), lourde montagne peu élégante, surtout comparée aux proches Crabioules et Gourgs Blancs, mais possédant un très vaste panorama.
Descente par la voie normale au col supérieur de Litérole, belle ramasse à
l'est vers l'ibón de Lliterola (2730m), totalement gelé, remontée au col des
Crabioules (3012m) via la tusse de Remuñe (3041m), le couloir sud du col
étant enneigé. Avant la tusse, on admire la magnifique pointe du Boum
au-dessus de la vallée de Remuñe, et la face sud du Maupas qui domine
verticalement un minuscule étang, cinq cents mètres plus bas. Le cirque des
Crabioules est encore très enneigé et je parviens à tracer une rapide
diagonale descendante sur le glacier au pied de la paroi du pic pour arriver
au tout début du captage, où la sente bien balisée prend le relais jusqu'à
la cabane de Sarnès (cheminement praticable seulement par bon enneignement ;
sinon, il faut suivre le cheminement cairné du refuge du Maupas pour
descendre les Rochers Rouges, que j'ai laissés pour ma part à droite, et
continuer longuement au NE avant de parvenir au captage beaucoup plus à
l'est).
À la cabane (2240m), longue pause, puis je rejoins le sentier qui s'élève en
lacets (les plus fatigants de la journée) pour franchir vers 2350m deux
éperons issus du pic Sarnès. Certainement la plus belle vue sur le cirque
des Crabioules, intégralement ouvert devant nous, du Petit Quayrat au
Maupas. Le sentier, globalement bien tracé bien qu'un peu labouré par les
avalanches, traverse à flanc toute la montagne, hélas pas exactement en
courbe de niveau vu qu'il descend dans la coume Nère jusque vers 2140m avant
de remonter au col de la Coume de Bourg (2272m). Attention aux névés tardifs
qui peuvent le couper (fin juin 2004, névé raide, dur et exposé sous le pic
Sarnès). Au col, descente directe vers les granges d'Astau par le vallon de
Médassoles, d'abord par le GR10 puis droit dans les pelouses (les cuisses
souffrent en fin de journée). À hauteur de la première cabane, on trouve
rive droite un sentier d'abord peu marqué qui suit le ruisseau, le traverse
pour passer à la cabane inférieure, retraverse immédiatement en dessous et
descend dans les bois jusqu'aux granges d'Astau.
Pour mémoire : refuge du Portillon 6h00, pic du Portillon d'Oô 7h45-8h00 (1h45, +500m), col Gargallosa 8h30 (0h30, -400m), Perdiguero 10h-10h15 (1h30, +550m), col des Crabioules 11h30-11h45 (1h15, -500m, +300m), cabane de Sarnès 13h00-13h45 (1h15, -750m), col de la Coume de Bourg 15h15-15h20 (1h30, +200m, -200m), Astau 16h40 (1h20, -1150m).
| Longueur : | *** (+1550m, -3000m depuis le refuge) |
| Difficulté : | *** (escalade II exposée, glaciers, pierriers, orientation) |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | un peu de tout mélangé (Angulo, Ollivier, Alejos) + connaissance du secteur |
| Conditions : | 2004/06/29 (refuge), plutôt beau, crêtes accrochées, névés 2400m |
| 2004/06/30 (sommets), beau se chargeant lentement, neige 2500m/2300m (crampons le matin) |
Départ juste après le pont sur le ruisseau de Lliterola (1600m) pour suivre
le bon sentier qui monte à la cabaña de Lliterola (2000m), petite (3 places)
mais confortable, avec coucher de soleil magnifique sur Albe-Maldito.
Remonter sans histoire la vallée par la rive gauche. Au niveau de l'ibonet
de Lliterola (2460m), l'itinéraire d'été s'éloigne fortement du vallon, mais quand
l'enneigement est bon on peut rester dans l'entaille, particulièrement à la
descente. Une pente raide (35° sur une centaine de mètres) débouche alors au
déversoir de l'ibón de Lliterola (2730m).
Remonter à l'ouest la vaste pente de caillasse, généralement mal enneigée,
longue et assez raide pour aboutir sur la crête finale, et la suivre
jusqu'au sommet.
Vent du nord fort dans la vallée, devenant virulent dans la pente est. Quand
celle-ci se rétrécit pour former la crête E, il est clair que le vent est
bien trop fort pour continuer en sécurité et je m'arrête là, vers
3100-3120m. Posets et Cotiella sont visibles, c'est déjà ça. Dépeautage
sportif, même le sac à dos menaçait de s'envoler. Excellente descente,
rapide et ludique dans l'entaille du ruisseau. D'innombrables marmottes sont
de sortie autour de la cabane, ça siffle et court de tout côté.
| Longueur : | *** (1600m) |
| Difficulté : | ** |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Conditions : | 2010/05/16 (cabaña de Lliterola), beau l'après-midi, vent, neige 1950m (skis) |
| 2010/05/17 (début de la crête E, 3100m), dégagé, vent virulent en altitude, neige 2000m (skis) |
Du refuge du Portillon (2580m), rejoindre assez vite le ruisseau du
Portillon et contourner l'arête Rachou (arête NO du Quayrat) vers 2350m
(quelques rares traces). Monter sur les pelouses herbeuses au NE pour
rejoindre l'itinéraire classique venant d'Espingo dans le grand pierrier
entre Petit et Grand Quayrat. Suivre alors consciencieusement les cairns
abondants : le cheminement n'est pas évident et il paraît peu raisonnable de
vouloir improviser dans un terrain confus. À 2560m, le couloir-cheminée
herbeux, coté Facile, l'est de moins en moins du fait du ravinement. Après
le faux col (infranchissable à l'est), la crête est facile, mais demande de
l'attention au passage de l'antécime. Pour descendre dans le cirque des
Crabioules, revenir 10m sous le faux col pour traverser au nord un éperon
qui donne accès au vrai col du Quayrat (court passage de II). Descendre aux
lacs du Quayrat (ou lacs des Crabioules).
Un brouillard dense rendit la suite moins claire. Descente au NE en longeant
le plus longtemps possible le ruisseau issu des lacs. Quand la pente devient
excessive, descente au mieux vers le SE, sur de larges nervures herbeuses
entrecoupées de barres rocheuses irrégulières. On finit nécessairement par
croiser vers 2250m le sentier qui va de la cabane de Sarnès au refuge du
Maupas, plus qu'abondamment balisé en rouge. Entre la cabane de Sarnès et
les mines des Crabioules, le sentier se perd dans l'herbe et, en absence de
visibilité, est un peu problématique. En serrant plutôt au nord, on tombe
normalement sur les éboulis des mines. En cherchant un peu, on trouve alors
logiquement le sentier. Cette portion fut finalement la plus délicate de la
journée !
| Longueur : | ** (+700m, -2300m) |
| Difficulté : | *** (cheminement fouillis, pas de II) |
| Intérêt : | *** |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topos 556-557 |
| Conditions : | 2001/09/04, soleil au sommet, brouillard 2600m |
Simple sur la carte : du Lézat plein nord pendant près de six kilomètres ;
long et parfois laborieux sur le terrain, mais de jolies vues tout du
long. Pour résumer : Lézat, contournement du Grand Quayrat (évitement de la
crête longue et trop difficile), Petit Quayrat, cap et combe des Hounts-Secs.
Ascension rapide du Lézat, avec petit détour au Gendarme Rouge (gris de ce côté), pour la vue sur la crête découpée qui conduit aux Crabioules. Le panorama du Lézat est magnifique, d'autant que la visibilité était extraordinaire, de la pique d'Estats au Balaïtous, soit 140 km de montagnes. Descente par l'éperon NE, pénible traversée du sauvage cirque Quayrat-Lézat (moraine puis gros blocs) pour franchir un replat évident (2740m) sur l'arête ENE du Quayrat. Descendre de quelques mètres vers les lacs des Crabioules puis se diriger sur des éboulis pas trop pénibles vers le col du Quayrat. En chemin, j'ai perdu pas mal de temps et d'énergie à explorer la face NE du Quayrat où j'avais cru détecter un « escalier » facile : l'escalier existe bien mais ses marches sont lisses et inclinées vers le bas, sans réelles prises.
Pour atteindre le Petit Quayrat ou mont Arrouy (2847m), ne pas passer au col
du Quayrat mais viser plus au nord le point où la crête se redresse
brusquement vers la pointe aiguë du sommet. Une pente raide, herbeuse puis
rocheuse, permet de rejoindre la crête. Sans vraies difficultés mais en
posant souvent les mains, on atteint le sommet escarpé, qui fait honneur à
son grand frère. Vue intéressante pour ce sommet secondaire, tous les 3000
du luchonnais sont visibles (sauf Clarabide) et large vue sur les gradins
supérieurs des cirques d'Oô et des Crabioules. Pour descendre au nord, il
semble préférable de rester sur la crête (plus facile qu'il n'y paraît vu
d'en haut) plutôt que de chercher à rejoindre les couloirs herbeux du
versant Espingo. À la deuxième brèche, après un gendarme pointu à éviter, un
court couloir herbeux permet de descendre à l'est (versant Sarnès). Revenir
assez vite en crête, bien avant le col de Mont Arrouy, le versant ouest
étant devenu plus facile. La crête est ici intrigante, fracturée en son
centre. Sans autre difficulté, sauf une petite brèche et d'incessantes
montées et descentes, on parvient au cap des Hounts-Secs (2698m). Vue
plongeante sur les lacs d'Espingo et Saussat.
La descente naturelle emprunterait la grande pente herbeuse qui descend vers
le refuge d'Espingo, mais la ligne directe indique la combe des Hounts-Secs.
Suivre la crête NE vers le Céciré. À la première brèche, un couloir peu
sympathique mais facile descend dans la combe (prendre la branche de
gauche). Attention, ça « parpine » sec. Suivre le fond de la combe
supérieure dominée par les falaises du cap des Hounts-Secs et où les isards
ne doivent pas souvent être dérangés. Plus bas, on coupe le GR10, une vague
sente fait son apparition sous 2000m, rester plutôt sur la droite en bordure
des bois pour descendre jusqu'à la cabane inférieure de Médassoles, où l'on
trouve enfin de l'eau et un sentier qui ramène aux granges d'Astau.
| Longueur : | *** (+800m, -2200m) |
| Difficulté : | *** (pierriers, orientation, petite escalade) |
| Intérêt : | *** (mais long et laborieux) |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | Guide Ollivier Pyrénées Centrales V |
| Guide Soubiron (si !) | |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 558 (Lézat) | |
| RandoÉditions Luchon, page 57 (Lézat) | |
| Conditions : | 2005/09/15, beau |
Itinéraire détourné pour aller gravir en circuit le cap des Hounts-Secs. 500m avant l'auberge du Lis (1130m), et 80m avant une grande maison, suivre une piste herbeuse qui monte en quelques lacets à un regard sur un captage. Monter en haut de la clairière pour trouver le sentier qui s'élève vers la gauche et mène à une grande clairière où se trouve à droite la cabane d'Erichdau (1370m, semi-ruine). Passer à celle-ci et trouver juste au-dessus des arbres le discret sentier qui part au nord. Plus entretenu, le passage de la première ravine est laborieux mais ensuite il devient assez bien marqué. Il s'élève doucement ; la carte indique qu'il sort vers le point 1601 sur la crête de Subescale mais devenu horizontal voire faiblement descendant, il m'a semblé plutôt se diriger vers les granges de l'Espone : je l'ai quitté à ce moment-là pour bourriner droit dans la pente et rejoindre la crête vers 1700m. Remonter alors la crête de Subescale, facile sauf un petit passage où l'on pose les mains (évitable par la coume de Bourg). Elle offre une superbe vue sur les cirques des Crabioules et de Grauès, et sa montée aurait été agréable si ce n'avait été pour l'éprouvant ronronnement de la centrale du Lis (qu'y faisaient-ils donc ?) et la succession de ressauts masquant le sommet. Le pic de Subescale (2436m) offre un joli panorama mais la suite sera mieux. Suivre au sud l'élégante crête avec une belle vue sur la face nord du cap des Hounts-Secs. Rocheuse à l'approche du cap des Hounts-Secs, elle reste toujours facile. Le cap des Hounts-Secs (2698m), à cheval entre Crabioules et Espingo, est un remarquable belvédère sur la haute montagne luchonnaise.
Descente par les mines des Crabioules : rejoindre au SE le col de Sarnès (2625m), faire un saut à l'est au sommet 2676 pour ouvrir la vue sur le cirque des Crabioules. Du col de Sarnès, un sentier peu marqué mais bien cairné (par bonne visibilité) descend le long du pic Sarnès, très haut au-dessus du talweg. La cabane de Sarnès (2240m, placée 50m trop haut sur la carte IGN) est bien cachée, repérer les cairns pour la trouver. La portion entre la cabane et les mines des Crabioules reste toujours confuse, le sentier disparaissant dans l'herbe, mais ensuite il n'y a plus qu'à descendre paisiblement jusqu'au parking.
| Longueur : | *** (1750m) |
| Difficulté : | ** (orientation) |
| Intérêt : | ** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Conditions : | 2011/10/31, beau un peu voilé, traces de neige 2600m |
Le refuge du Maupas est un sympathique petit refuge gardé. Son cadre est
splendide, offrant une vue ouverte vers la plaine et les montagnes de
l'Ariège, à quelques mètres du cirque des Crabioules, qui s'embrase
magnifiquement au lever du soleil.
Même si son accès est un peu rude, il se fait sans difficulté par un bon
chemin régulier et bien tracé. À partir du refuge, le circuit des lacs est accessible à tous et le pic de Maupas n'est guère difficile. Pour varier, il
est possible de descendre ou de monter par le cirque des
Crabioules, qui donne en outre accès au pic
Lézat et au Quayrat. En suivant la voie normale,
on peut aussi faire un petit détour par le gouffre d'Enfer avant de
rejoindre l'Artigue (1405m) par un sentier horizontal. Bref, allez-y ! Et
pour vous convaincre, voilà un dessin de la vallée du
Lis avec les sommets frontières (139 Ko).
| Longueur : | ** (1400m) |
| Difficulté : | * |
| Intérêt : | *** (par le cirque des Crabioules) |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, page 61 |
| 50 sommets, 3ième série, page 101 | |
| Conditions : | 2000/09/03 (direct), brouillard |
| 2001/09/02 (par le cirque des Crabioules), beau | |
| 2002/06/31 (gouffre d'Enfer puis VN) brouillard |
Jolie randonnée hivernale, pour découvrir la cascade et le gouffre du
ruisseau d'Enfer en grande partie gelés en janvier et, plus haut, le cirque
des Crabioules aux parois intégralement recouvertes de glace, dominé par les
hauts sommets du Maupas, pic
Lézat, Grand Quayrat. Après la sortie de la forêt
(1800m), long passage à flanc sous parois rocheuses, propice aux avalanches
en cas de neige fraîche et nécessitant crampons et piolet sur neige
dure. Neige très basse en hiver, car la vallée d'Enfer reste dans l'ombre du
Maupas.
| Longueur : | * (900m) |
| Difficulté : | * (+1 en hiver) |
| Intérêt : | ** |
| Conditions : | 2000/01/22, beau, froid, neige 1100m |
Deux randonnées en une : la descente du refuge du Maupas par le cirque des
Crabioules et l'escalade du pic Lézat.
Par beau temps, je conseille vivement de descendre du refuge du Maupas (2430m) par le cirque des Crabioules : depuis le refuge, plonger dans le cirque pour rejoindre le sentier qui progresse sur le captage du cirque (ce sentier peut aussi être pris depuis la station de pompage 2200m). Suivre le sentier et le captage jusqu'au bout, sensiblement en courbe de niveau (2250m). Après la fin du captage, une sente cairnée et abondamment balisée en rouge conduit, par de légères oscillations pour franchir trois barres rocheuses, à la cabane de Sarnès (2240m, placée 50m trop haut sur la carte IGN). Il serait tentant d'éviter ces remontées et le détour par la cabane, mais cela est totalement impossible. De la cabane, rejoindre dans l'herbe (quelques traces et cairns) le sentier des anciennes mines des Crabioules qui ramène ensuite sans problème à l'auberge du Lis.
Passant au pied du Lézat, il est envisageable d'y faire un (rude) détour : à la fin du captage, alléger les sacs autant que possible et monter dans l'herbe par des pentes assez douces vers la brèche Quayrat-Lézat. Après 1h30 environ, on atteint la moraine (2800m) du petit cirque Quayrat-Lézat. Suivre cette moraine au sud-est vers l'éperon NE que projette le Lézat dans le cirque des Crabioules. Ignorer les cheminées, pourtant très attirantes (II exposé, utilisées à la montée par ignorance), et contourner partiellement l'éperon NE pour découvrir un large couloir qui se remonte facilement jusqu'à la crête. On suit cette crête, plutôt en contrebas au SE, pour atteindre une brèche (2970m), qui demande un pas de II bien protégé pour s'en extraire. Il ne reste alors plus qu'à remonter le pierrier sommital.
Le pic Lézat est, à mon avis, le meilleur des belvédères des sommets du
Luchonnais. Il est à cheval sur le cirque des Crabioules et le cirque du
Portillon, très haut et légèrement en avant. À l'ouest, les Spijeoles et le farouche pic de
Gourgs Blancs font une forte impression ; droit devant le lac du
Portillon dominé par le glacier et le pic du Seil de la
Baque, puis le lourd Perdiguère ; le pic des Crabioules à portée de mains et le Maupas au SE ; au NO et NE, les vallées d'Oô et du Lis
sont largement visibles, séparées par le Quayrat ; et
dans les lointains vers l'ouest, on voit le pic du Midi, le Néouvielle et le pic Long, le pic Schrader et Perdido-Cylindre-Marboré qui
émergent par derrière ; par bonne visibilité, Vignemale et Balaïtous sont aussi
visibles ; à l'opposé au SE le massif de l'Aneto et à l'est les sommets
ariégeois (Crabère, Maubermé
et Estats au loin).
| Longueur : | *** (+1000m, -2300m) |
| Difficulté : | ** (orientation ; pierriers & pentes raides pour le Lézat) |
| Intérêt : | **** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Conditions : | 2000/09/05, grand soleil |
Depuis le refuge, la montée au pic se fait rapidement et sans hésitation, à
condition de suivre une règle simple : ne pas s'éloigner de la crête du
cirque des Crabioules. Partant du refuge, on monte jusqu'à la tusse de
Maupas (2900m) en laissant la crête à sa droite. Un petit passage sur la
crête conduit au seul passage délicat par temps humide (quelques dalles
faciles à franchir) qui évite par la gauche une portion plus raide de la
crête. Après être revenu sur la crête, on la longe par la droite jusqu'au
sommet. Même dans le brouillard en n'y voyant pas à vingt mètres, je suis
parvenu au sommet sans une seule hésitation. Les topos traditionnels
contournent la tusse par l'est, avec un faible gain en temps, et beaucoup de
confusion par temps médiocre.
| Longueur : | ** (1400m+700m) |
| Difficulté : | ** (petits pas de Isup) |
| Intérêt : | *** |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, page 63 |
| 1000 ascensions, tome IV, topo 576 | |
| 50 sommets, 3ième série, page 101 | |
| Conditions : | 2000/09/04, brouillard |
En complément de la montée au pic de Maupas (ou en remplacement en cas de mauvais temps), on peut s'offrir une balade facile pour admirer de jolis lacs enchâssés dans leurs cirques. Depuis le lac Bleu, on surplombe le mignon lac Vert (2001m). Le sentier est facile et régulier et il serait dommage de s'en priver. Le circuit des lacs peut aussi être utilisé comme voie de descente (ou de montée) du refuge.
| Longueur : | * (450m AR depuis le refuge) |
| Difficulté : | * |
| Intérêt : | ** |
| Topos : | RandoÉditions Luchon, page 61 |
| Conditions : | 2000/09/04, brouillard ou sous le plafond |
Comment faire la jonction entre deux refuges remarquablement situés, par une
belle crête amusante. Après être monté au pic de
Maupas, suivre la crête vers l'ouest jusqu'au col des Crabioules. De
nombreux passages peu difficiles (II) mais aériens se succèdent dans un
cadre somptueux, au-dessus du cirque des Crabioules et de la sauvage vallée
de Remuñe. Une courte taillante franchie à califourchon avec un grand vide
de chaque côté mérite en particulier une étoile.
Après le col des Crabioules, détour par la croupe S puis direction le col
inférieur de Litérole. De là, deuxième tentative aux Crabioules par le
couloir de la brèche Mamy, mais, pour la seconde fois, la fatigue et le vent
terminent l'aventure au pic occidental. La pointe Mamy (3048m) fut cependant
acquise au retour (II exposé, sans intérêt).
| Longueur : | ** (1000m sportifs) |
| Difficulté : | *** (innombrables pas de II aériens) |
| Intérêt : | **** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topos 575, 563, 560 |
| Conditions : | 2001/09/02 (refuge) |
| 2001/09/03, grand soleil, vent |
Bel itinéraire remontant l'étroite vallée de Remuñe. Un peu avant le
terminus de la route « internationale » (1800m) issue de Benasque, suivre
les cairns dans le bois pour remonter la rive gauche de l'aigüeta de Remuñe.
La vallée se resserre à plusieurs reprises, le cheminement est joli. Vers
2370m, on atteint le fond de la vallée, entre les belles parois du Maupas et
du pico de Remuñe. Virer sud pour rejoindre une nouvelle cuvette puis
repartir ouest vers le large portal de Remuñe (2817m) dont le panorama est
déjà intéressant (le Boum a particulièrement belle allure). Contourner la
Forca de Remuñe par l'ouest puis suivre la crête jusqu'à la crête frontière
où se trouve la tusse de Remuñe (anonyme sur les cartes). L'enneigement est
tel que l'on se croirait en plein hiver. Agréable descente à skis sauf pour
le final chaotique dans le bois.
| Longueur : | ** (1300m, long) |
| Difficulté : | ** |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | Posets - Perdiguero, D. Atela |
| Conditions : | 2009/05/03, beau, vent fort, neige 1800m (skis, crampons) |
Cheminement pour aventurier sportif, effectué au-dessus d'une mer de nuages
et avec de nombreuses remontées nuageuses par le sud. Du refuge de Maupas,
l'accès au pic de Boum est assez facile et rapide (1h45) ; le mail Barrat
est par contre bien mieux défendu.
Au départ du refuge, on a le choix entre le cheminement bas, qui passe au col de Prat Long (le petit col juste au sud de la tusse de Prat Long), suit un cheminement cairné à peu près horizontal au-dessus du lac Bleu puis remonte sur 300m les moraines et éboulis jusqu'au pied de l'éperon NE du Boum ; le cheminement haut qui suit la voie normale du Maupas jusqu'à la Tusse (vers 2850m) puis traverse horizontalement sous le glacier de Maupas (déjà à nu le 1er juillet 02) ; et tous les cheminements intermédiaires, qui passent au col de Prat Long pour s'élever en biais jusqu'au pied de l'éperon en tentant le plus possible d'éviter les éboulis (ce que j'ai suivi). On contourne l'éperon NE pour remonter le glacier de Mail Barrat avant de s'élever dans le pierrier vers l'éperon NE. Monter sous la crête (cairns) jusqu'au sommet (escalade I, sauf un pas plus dur II juste sous le sommet, mais absolument pas exposé). Les remontées nuageuses ayant cessées temporairement, je profite tranquillement de la vue, encore bien enneigée.
Pour rejoindre le mail Barrat (2986m), redescendre le glacier pour prendre
une cheminée, à hauteur de la base de l'éperon NE du Boum (parmi les
cheminées bien marquées qui raillent la face NO du Barrat, j'ai pris la
cheminée la plus marquée et la plus au nord, à droite d'un petit
éperon). Cette cheminée, impressionnante vue d'en bas, n'est finalement pas
si pentue ni difficile (II sur 50m). Sur la fin, j'ai trouvé plus facile de
m'élever par des vires dans la muraille sur sa droite. On atteint ainsi le
pierrier sommital qu'on suit jusqu'au sommet, avec un petit détour à
l'est pour éviter le dernier ressaut (1h depuis le Boum).
Je rejoins une deuxième pointe à l'est (2977m) et abandonne toute idée de
parcourir la crête disloquée jusqu'au mail Planet, vu que les nuages ont de
nouveau complètement envahi la crête. La descente normale emprunterait la
cheminée de montée ou suivrait la crête N (crête de Grauès) jusqu'au col des
Grauès (2602m) et rejoindrait le lac Bleu (sous réserve, non testé). Le
guide Ollivier indique un cheminement Facile par le glacier des Grauès.
Après une étude prolongée et perplexe de la paroi qui tombe du pierrier
sommital du Barrat sur le glacier, je finis par m'y engager. Désescalade
scabreuse sur des dalles pentues et polies, aux prises minimales et début de
rimaye pour prendre pieds sur le glacier. Vu d'en bas, je ne comprends
toujours pas où se trouve le cheminement facile, je cote le mien plutôt PD+,
exposé, peu conseillé (il est certain que le glacier s'est rétracté depuis
la rédaction du guide, mais cela suffit-il à expliquer les difficultés
rencontrées, vu la période assez précoce de ma visite ?). Descendre le
glacier des Grauès et, pour éviter les falaises du lac Charles (autrefois
lac des Grauès), se diriger NE près de la paroi du plateau Planet pour
trouver un passage facile vers le ruisseau issu du lac du Port Vieil (point
où l'on pourrait descendre au lac Charles). Remonter jusqu'au lac de Port
Vieil dominé par le mail Pintrat, remonter encore de cinquante mètres au
N-NE pour franchir un col et descendre au lac Célinda (cairns) dominé par le
pic d'Estauas, suivre un sentier cairné jusqu'au col de Pinata et enfin le
bon sentier qui ramène à la voiture (4h30 depuis le Barrat).
| Longueur : | ** (900m mais plus de 7h et 2200m descendu) |
| Difficulté : | *** (nombreux II, passages exposés, glacier, hors sentier) |
| Intérêt : | *** (splendide mais délicat) |
| Schéma : | voir mail Planet |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | 1000 ascensions, tome IV, topo 579 (Boum seulement) |
| Conditions : | 2002/07/01, éclaircies puis crête frontière accrochée, neige 2500m-2700m (crampons) |
Très beau circuit dans un secteur peu fréquenté. L'aller est long et facile
mais le retour est réservé aux personnes expérimentées, nécessitant un beau
temps sec. Pour résumer : étang des Grauès, lac Charles, lac du Port Vieil,
plateau Planet, sommet ; retour par le couloir N sur le glacier des Grauès,
col des Grauès, lac Bleu, lac Vert.
Au collet entre l'étang des Grauès et le lac Vert, un sentier assez bien marqué et cairné monte au S jusqu'au lac Charles (2291m), d'où l'on atteint le lac de Port Vieil (2424m) en suivant le ruisseau. Prendre au S le couloir raide qui s'adoucit rapidement pour aboutir dans un vaste cirque pierreux où l'on progresse facilement. En vue de la belle brèche à tête de cheval, obliquer progressivement O et monter sur le surprenant plateau Planet. Le terrain était moins pénible que je ne m'y attendais, des banquettes herbeuses facilitant la progression. Après avoir découvert l'étonnant lac Planet (2807m), gelé et entouré de neige, montée facile à la pointe 2924m. La crête jusqu'au mail Planet (2942m) est large et facile, mais avec le vent, je l'ai parcouru avec prudence.
Malgré le ciel un peu voilé, excellente visibilité et la neige avait fait
son apparition sur les plus hauts sommets. Même s'il est un peu frustrant
d'être dominé par la pointe 2977 du mail Barrat, la vue est de toute beauté
: grande muraille du Barrat, Maupas, Perdiguère, Posets, Cotiella, Maladeta,
Forcanada et Besiberri, et tous les sommets ariégeois : pique d'Estats,
Valier, Maubermé... À nos pieds, la sauvage vallée de Remuñe.
Retour au lac Planet. Juste au sud, un couloir raide descend vers le glacier
des Grauès. Malgré un peu de neige, début de la descente sans histoire
(chute de pierres), mais sur le bas du couloir, le glacier des Grauès qui
s'est réfugié plus haut sous le Barrat a néanmoins laissé un féroce gardien,
peu pentu mais qui à cette date était tout en glace recouverte d'une fine
pellicule de neige. En conditions normales, on peut éviter ce passage par
les rochers et éboulis faciles de la rive droite, mais dans mon cas, ils
étaient couverts de glace et givre (orientation nord). Je me suis sorti de
ce mauvais pas par des acrobaties peu recommandables dans la paroi de la
rive gauche, louvoyant sur des corniches partiellement englacées. À la
moraine inférieure (2629m), on pourrait revenir au lac Charles (voir ci-dessus). Pour rejoindre le lac Bleu, il faut franchir
le « col » des Grauès (ou passage des Crabes) qui se situe quelque part dans
la portion horizontale de la crête des Grauès (2602m), entre les trois
pointes du pic de Grauès et le ressaut côté Barrat. Sur ce versant, on
accède facilement à plusieurs brèches étroites, mais n'ayant vu ni trace ni
cairn qui indiquait celle à préférer, j'ai en franchi une au hasard.
Surprise à la découverte de l'autre versant, qui semblait vertical sur une
centaine de mètres ! Après analyse, des corniches confortables (par temps
sec) m'ont permis de descendre facilement (Pour info, je suis passé près de
la troisième pointe des Grauès, au point où l'herbe atteint la crête ; un
autre passage existerait à l'opposé, à la brèche la plus proche du ressaut
côté Barrat). Pour descendre au lac Bleu, faire un lacet au SO pour éviter
une première falaise et revenir au NE sur une vaste banquette (cairns !)
sans chercher à descendre vers le lac entouré de falaises. À la hauteur du
déversoir, une désescalade facile permet de franchir la falaise. Un sentier
bien marqué descend au lac Vert ; un peu exposé, il présente un passage
rocheux délicat sur le bas. Retour par Prat Long avec le joli sentier en
balcon.
| Longueur : | *** (1850m) |
| Difficulté : | ** pour l'aller, *** pour le retour |
| Intérêt : | **** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | Guide Ollivier Pyrénées Centrales V |
| Conditions : | 2005/11/02, beau à peine voilé, vent assez fort au sommet, qq cm de neige > 2800m |
L'hospice de France (1385m) est un point de départ inattendu pour gravir le
mail Pintrat mais cela permet de réaliser un insolite circuit. Suivre le
chemin de l'Impératrice jusqu'au cirque de la Glère et monter au port de la
Glère (2367m, source versant espagnol). Descendre en Espagne et passer au
déversoir du lac des Gourgoutes (2318m). S'élever dans l'herbe puis faire
une traversée ascendante au-dessus des barres pour contourner la patte d'oie
qui termine la crête E de l'Estauas (on doit pouvoir amorcer ce
contournement directement depuis le port de la Glère). Se diriger vers le
port Vieil (2635m) que l'on atteint par une sévère raillère. Suivre la crête
vers le mail Pintrat. On traverse facilement une première pointe (2684m)
avant de buter contre un imposant ressaut d'une cinquantaine de mètres où le
cheminement à suivre n'est pas clair (aucun cairn). On trouve des vires
ascendantes à droite (versant Lys) qui pourraient peut-être sortir sur le
pierrier supérieur mais ce n'est pas certain et elles semblent assez
exposées. J'ai préféré zigzaguer de vires en vires en restant à proximité de
l'arête, toujours versant Lys. Escalade II soutenue avec plusieurs pas de
III, en bon rocher compact. J'ai ensuite traversé l'arête pour trouver,
après une dalle en adhérence et un pas de III exposé, des zones herbeuses,
faciles mais raides. On sort enfin sur le pierrier sommital qui conduit au
sommet constitué de gros blocs. Intéressant panorama, similaire à celui du
mail Planet.
Pour rentrer, direction la brèche Pintrat, entre Pintrat et Fouillouse. J'ai tenté de suivre la crête mais elle devient vite difficile. Retour en arrière pour descendre versant sud-ouest où une large terrasse conduit sans histoire à la brèche Pintrat (2687m). Il y a en fait deux brèches sensiblement de même altitude (la deuxième brèche, côté Fouillouse, n'est pas visible en venant du Pintrat). J'ai utilisé la première brèche, désescalade II et éboulis croulants (vue d'en bas, la deuxième brèche m'a semblé plus facile mais occupée par un névé). On se retrouve dans le cirque Pintrat - Fouillouse, site impressionnant. Ne pas chercher à descendre directement vers le lac du Port Vieil, il existe bien un passage mais il est introuvable d'en haut. Traverser vers le cirque Fouillouse - Planet pour utiliser le vallon qui descend vers le déversoir du lac. Des névés masquent encore les pierriers, chouette ! Soit descendre le vallon jusqu'au déversoir du lac du Port Vieil, soit prendre une rampe à droite (cairns) pour contourner le lac par l'est, et remonter vers le lac Célinda. Suivre les cairns pour passer au lac Célinda puis le sentier cairné jusqu'au col de Pinata (2135m). Prendre à droite un joli sentier faiblement descendant pour atteindre le col de Sacroux (2034m) et revenir au cirque de la Glère.
| Longueur : | *** (1600m) |
| Difficulté : | *** (escalade II/III, pierriers) |
| Intérêt : | ** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Conditions : | 2008/08/10, beau, nombreux névés ! |
Sommet de belle allure depuis le lac Célinda, constitué de trois aiguilles
(la principale au N), terrain médiocre. Montée au col de Pinata (2135m) puis
sentier du lac Célinda pour éviter une première tusse peu marquée et
reprendre la crête avant la tusse de Pinata. Sans difficulté, crête jusqu'au
pic de Bounéou (2666m), à la jonction avec la crête frontière. Le pic
d'Estauas est particulièrement impressionant de loin. J'ai un peu suivi la
crête frontière au S puis la trouvant bien laborieuse, je suis descendu à
l'est d'une cinquantaine de mètres pour atteindre plus rapidement la brèche
N d'Estauas, au pied du pic. Un détour à gauche (est) pour éviter la seule
(petite) difficulté puis à proximité de l'arête jusqu'au sommet, avec
quelques pas d'escalade occasionnels (II). Le trajet depuis le col de Pinata
offre des vues variées sur les sommets de la vallée du Lis, du Quayrat au
Pintrat, et particulièrement sur Barrat-Planet-Pintrat, plus une belle vue
vers la Maladeta depuis le sommet.
L'aiguille principale est séparée au sud de deux aiguilles secondaires par
une très profonde brèche. Je reste un moment interloqué à la découverte du
vide qui me sépare de celles-ci : l'Estauas présente une face sud qui semble
d'abord parfaitement verticale. Côté est de la brèche, une analyse de la
paroi conclut rapidement à son impraticabilité. Côté ouest, la face est plus
irrégulière et une solution éventuelle doit être là. J'effectue une
tentative à une dizaine de mètres du cairn sommital. Terrain péteux et
exposé. Je parviens néanmoins à descendre jusqu'à la hauteur de la brèche
mais j'en suis séparé par deux nervures infranchissables. Retour au
sommet. Nouvelle tentative sous le cairn sommital. Terrain tout aussi
délicat. Par deux fois, je crois avoir trouvé la sortie mais je butte sur un
dernier passage de 5-6 mètres, vraiment trop dangereux à
désescalader. Retour au sommet et abandon. Descente à la brèche N,
cheminée-couloir (chutes de pierres) vers le lac Célinda. Des nuages
bourgeonnent mais il fait encore assez beau pour envisager un retour par les
lacs : lac du Port-Vieil, lac Charles, lac Bleu, lac Vert et lac des Grauès,
dans cet ordre.
Pour conclure : le guide Ollivier indique sommairement « descendre par des vires qui parcourent la face SO », laissant entendre l'absence de difficultés. Par contre, dans les carnets d'Arlaud, lequel parcourut les aiguilles du S au N, on trouve : « la remontée vers l'aiguille nord présente une fissure, une dalle et une corniche très impressionante. »
| Longueur : | *** (1700m) |
| Difficulté : | ** (petite escalade, terrain délicat) |
| Intérêt : | ** |
| Schéma : | voir mail Planet |
| Topos : | Guide Ollivier Pyrénées Centrales V |
| Conditions : | 2006/07/01, beau puis cumulus bourgeonnant dès 11h |
Joli circuit, sans difficulté technique mais demandant un peu de flair sur
le haut de la forêt, et un panorama fabuleux qui se dévoile soudainement à
l'arrivée au mail d'Escargots. Départ au carrefour des routes vallée du Lys
/ Superbagnères (1080m). Descendre vers la rivière et la suivre rive gauche.
On trouve peu après une prise d'eau (1062m) suivie d'une passerelle qui
permet de passer rive droite. Suivre le canal couvert sur 800 mètres jusqu'à
croiser une piste herbeuse. L'emprunter en montée dans les bois. Au ruisseau
d'Estrangouillet (1178m), la piste vire à droite, prendre en face le sentier
bien marqué. Ce bon sentier se prolonge longuement dans une belle forêt
sauvage et pénètre dans le vallon de Bounéu dont on entend gronder le
ruisseau tout en bas.
À 1450m, au niveau d'une clairière herbeuse, ne pas rater le retour au nord.
Le sentier fait ensuite quelques lacets sur une croupe en direction SO et se
perd progressivement. Continuer un peu à monter sur la croupe puis emprunter
des sentes d'animaux en traversée ascendante vers la droite pour déboucher
sur une clairière avec ruines (1650m). S'élever vers la crête boisée à
droite et descendre dans un nouveau vallon, la combe principale qui monte
jusqu'au mont du Lys (aucune trace de la cabane de Turmech de la carte, pas
même de ruine). Remonter ce vallon jusqu'à la première rupture de pente
marquée (1830m) et partir à droite (sente marquée) vers une cuvette où l'on
trouve des enclos ruinés. Repérer le sentier qui passe au-dessus d'un piton
rocheux, le rejoindre et le suivre dans son enroulement du mail d'Escargots
(2031m). On débouche soudainement sur le plateau du mail, vue extraordinaire
sur le cirque des Crabioules et les montagnes de la vallée du Lys. Un
panorama de 3000 admirable, Quayrat, Lézat, Crabioules, Maupas, Boum,
Barrat, Pintrat, pratiquement depuis les fonds de vallées jusqu'aux plus
hautes crêtes. La suite est simple : suivre la crête au SE jusqu'au mont du
Lys (2234m), panorama toujours magnifique qui s'ouvre à l'est.
Retour sans histoire : continuer la crête au SE jusqu'au col de Pinata
(2135m) et suivre le sentier balisé qui descend à droite. À la prairie de
l'Artigue (1405m), on peut soit descendre directement, soit prendre à gauche
le sentier horizontal pour faire un détour par le gouffre d'Enfer. À
l'auberge du Lys, suivre la rivière rive droite jusqu'à un pont qui permet
de rejoindre la route à 300 mètres de la voiture.
| Longueur : | ** (1200m, 16 km) |
| Difficulté : | ** (un peu hors sentier, flair) |
| Intérêt : | *** |
| Trajet : | Géoportail, GoogleMaps |
| Topos : | Audoubert Aure-Louron-Luchonnais page 138 |
| Conditions : | 2010/05/29, beau puis quelques nuages puis gris après 16h |